Cuisiner n'est pas qu'une affaire de groupe, loin s'en faut. Comptant trop souvent pour du beurre, les solitaires peuvent également goûter aux bienfaits de mijoter de bons petits plats… pour eux-mêmes !
De tout temps, cuisiner a été synonyme de grandes tablées. Dans la Bible, d'abord, (Jésus-Christ n'était-il pas entouré de ses apôtres lors de la Cène ?) mais aussi dans l'histoire, la publicité et l'esprit collectif, les livres de recettes ayant par exemple toujours ou presque proposé des préparations culinaires pour plusieurs personnes, laissant en carafe les âmes esseulées. Tout pousse donc à croire que la confection d'un repas, véritable acte social, n'est une source de bien-être que lorsqu'elle est partagée. Une idée reçue qu'il est grand temps de déconstruire afin de laisser le loisir aux gens seuls de cuisiner et d'y prendre du plaisir !
Quand la cuisine réconcilie avec le « je »
En France, 18 millions de personnes vivaient seules en 2025. Par envie ou au contraire par obligation, ces individus se retrouvent, et ce plusieurs fois par jour, à devoir prendre leur repas avec eux-mêmes. Si la solution de facilité pour les célibataires endurcis, personnes âgées, télétravailleurs et autres parents en garde alternée est de se décongeler un plat préparé, pourquoi ne pas plutôt se mettre aux fourneaux ?
Avant toute chose, il est important de se déculpabiliser : rien n'impose de réserver les bons petits plats à autrui ! Mieux que ça, se mitonner un repas permet de prendre soin de soi, au même titre que de chouchouter sa peau, aller chez le coiffeur ou pratiquer un sport. On s'accorde un moment en tête à tête avec la personne que l'on est.
De plus, lorsque la solitude n'est pas un choix, l'estime de soi a tendance à être mauvaise. Or, cuisiner et réaliser un plat que l'on prend plaisir à déguster permet non seulement de se concentrer sur une tâche, et donc de s'évader du quotidien et du stress, mais aussi de laisser libre cours à sa créativité, autant d'éléments qui reboostent l'ego et nous procurent un véritable sentiment de bien-être.
Faire bonne chère en solo
Si jadis, les ustensiles étaient toujours trop grands, obligeant les personnes seules à manger le même plat pendant toute une semaine ou à gaspiller, la cuisine s'adapte de plus en plus à l'évolution de la société. Ainsi, l'on voit fleurir depuis quelques années plusieurs accessoires indispensables en version mini dans les rayons des supermarchés et dans nos cuisines, tels que l'appareil à raclette, la cocotte, la casserole, le poêlon, le gaufrier ou encore le cuiseur.
Si le concept est encore assez rare, des livres de recettes pour une personne ont également vu le jour dans les librairies. On pense notamment à Cuisiner pour soi d'Elvira Masson, chroniqueuse culinaire et rédactrice en chef lifestyle de Marie-Claire. Cette dernière propose sans complexe et avec une bonne dose de plaisir des plats pour une portion. Pot-au-feu, gajak, pita garnie, cobb salad, brick aux sardines avec sa mayo spicy, curry de légumes, mouhalabieh ou encore feuilleté aux poires, ces recettes prouvent qu'elles sont aussi accessibles aux âmes solitaires. Même principe dans l'ouvrage de Sylvia Gabet, Solo : 100 recettes rien que pour moi, qui propose des repas faciles, variés, équilibrés et malins, du clafoutis salé au waterzoï de poisson, en passant par le croissant garni. De quoi se sentir comme un coq en pâte !


