Jardin

Installer une plante malodorante près de la maison

Quelques mois seulement après les avoir plantés, M. et Mme E. ont dû arracher tous leurs tulbaghias. En cause, l'odeur désagréable de cette plante pourtant fort jolie. Erreur fatale !

Des nombreux atouts…

Le tulbaghia fait partie de ces plantes vivaces originaires d'Afrique du Sud que le réchauffement climatique promet à un bel avenir. Certes, sa rusticité est moyenne (-7 °C) mais on peut sensiblement l'accroître en l'installant dans un sol bien drainé, en plein soleil, à l'abri des vents dominants, et en paillant la souche durant l'hiver. Portées par un feuillage charnu bien vert, les fleurs en ombelles colorées (de mauve ou de blanc le plus souvent) se succèdent du début de l'été jusqu'aux premières gelées. Enfin, cette plante bulbeuse offre une belle résistance à la sécheresse.

… mais un inconvénient majeur

Ces nombreux intérêts ont conduit M. et Mme E. à intégrer le tulbaghia en masse dans le massif qui s'étend en largeur devant leur terrasse. Après la plantation d'automne, l'émergence des premières touffes de feuilles n'a pas tardé à poser un problème qui n'avait pas du tout été prévu : leur odeur. Car si les fleurs mellifères exhalent un délicat parfum, en revanche, le feuillage dégage une forte odeur d'ail. Un véritable relent aillé, puissant et entêtant, digne d'une cuisine en pleine préparation de l'aïoli.

Vade retro !

Comme il était impossible de rester sur la terrasse sans subir les effluves oppressants, il a été décidé, dès le premier été, d'arracher en urgence tous les pieds de tulbaghia. Ils seront remplacés à l'automne par d'autres vivaces au fumet plus discret. L'odeur des plantes est un facteur à prendre en compte. Si les plantes aux parfums délicieux sont à installer au plus près de la maison afin d'en profiter pleinement, celles qui dégagent une odeur désagréable doivent en être éloignées. Mais c'est une notion subjective, ainsi l'odeur âcre du buis et celle du laurier-tin après la pluie, quasi musquée, ne sont pas désagréables pour tous les nez.

Benoit Charbonneau
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