Le balanin du noisetier, petit insecte mais immense fléau - Minizap Annecy
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Le balanin du noisetier, petit insecte mais immense fléau

Alerte ! C'est en ce moment même, durant l'été, que le balanin pond ses œufs dans les noisettes, triste promesse d'une récolte misérable. Hélas, pour l'heure, il n'y a rien à faire, si ce n'est apprendre à mieux le connaître. Car la lutte, laborieuse, contre cet adversaire est calquée sur son cycle biologique, qu'il faut donc comprendre.

Le balanin n'est pas un bricoleur du dimanche. Eh oui, vous imaginez bien que pour réussir à percer la coque d'une noisette quand on mesure moins d'un centimètre, il faut avoir une sacrée chignole dans sa caisse à outils. « C'est un roc ! C'est un pic ! C'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule ! ». En réalité c'est un rostre, et c'est à cet immense appendice nasal qu'on reconnaît la bête.

Un cycle bien rodé

Le balanin de la noisette (Curculio nucum) est un coléoptère qui pond ses œufs dans les noisettes. Pour cela, ce petit charançon d'à peine plus d'un centimètre est doté d'un rostre démesuré, qui équivaut à près du tiers de sa taille, au bout duquel s'activent des mandibules acérées. À l'aide de cet appendice, au début de l'été, la femelle fécondée par le mâle perce un trou dans la coque pour introduire un œuf dans le fruit. Dix jours plus tard, il donne naissance à une larve qui, bien à l'abri dans la coquille, peut tranquillement se nourrir de la noisette. Après environ six semaines, toute dodue, elle sort par un trou qu'elle perce elle-même, signature incontestable de son forfait. Elle se laisse ensuite choir sur le sol pour s'y enfoncer et entrer en diapause, c‘est-à-dire en sommeil, sous la forme d'une nymphe. Ce n'est qu'au printemps suivant que les jeunes adultes émergent, prêts à se reproduire.

Des dégâts en forme de désolation

Du printemps à l'été, les balanins de l'année se nourrissent de feuillage, mais leurs dégâts sont insignifiants. Ce sont bien les larves qui posent le plus de problèmes. En effet, une femelle pond une trentaine d'œufs, placés isolément dans autant de noisettes, et l'on imagine à quel point il est facile pour un vol de balanins de réduire à néant une récolte entière. Les noisettes parasitées sont totalement vidées de leur chair et peuvent tomber sur le sol avant même la récolte.

Une lutte compliquée

Il n'y a pas de remède miracle contre le balanin, car il n'existe pas de produit curatif. La lutte consiste donc à intervenir à tous les stades du cycle biologique de l'insecte afin de limiter, in fine, le nombre des pontes. Première chose à faire en avril, collez des bandes de glu aux pieds des arbres afin d'empêcher les insectes d'y monter. Malheureusement, le noisetier est un arbre qui pousse en cépée, et il est compliqué de pouvoir engluer tous les troncs. Dans le même temps, d'avril à juillet, tendez de grands draps sous les noisetiers, puis secouez les branches, pour y faire tomber les adultes. À l‘automne, ramassez soigneusement les noisettes endommagées car une larve pourrait encore s'y cacher. Enfin, durant l'hiver, binez de temps en temps le pied de vos arbres de manière à faire remonter les larves ou les nymphes à la surface. Elles feront alors le régal des oiseaux ou seront tuées par le gel.

Et c'est tout ?

La lutte contre le balanin est source de frustration, car elle ne repose que sur des petites actions laborieuses non radicales. Elle est d'autant plus pénible que, lorsqu'on a été victime d'une attaque, il est nécessaire de la répéter plusieurs années durant, car la nature étant bien faite, certaines larves restent en diapause dans le sol durant deux à trois ans avant d'éclore.

Les cousins des sous-bois

En forêt, le balanin de la noisette a deux cousins à l'allure et aux mœurs identiques. Celui de la châtaigne, ou éléphant (Curculio elephas) et celui du gland (Curculio gulosus). D'ailleurs en grec ancien, « curculio » signifie gland.

Benoit Charbonneau
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