Rares sont les jardiniers amateurs à posséder un tensiomètre pour mesurer le taux d'humidité de leur sol. Et pour cause, seuls les agriculteurs peuvent être intéressés par l'acuité d'un tel outil.
Le tensiomètre est l'instrument qui mesure le taux d'humidité du sol, ou plutôt la force que doivent exercer les racines pour en retirer l'eau. Par capillarité, il mesure et transmet la tension hydrique du sol, exprimée en centibars (cb), à un manomètre. En agriculture, c'est un outil de pilotage incontournable qui permet d'arroser au bon moment : ni trop tôt, ce qui lessiverait les nutriments et asphyxierait les racines, ni trop tard, ce qui induirait un stress hydrique préjudiciable au rendement. Deux tensiomètres installés sur une parcelle, à deux profondeurs différentes, suffisent à donner des indications valables pour toute la zone. Entre les 200 cb, que mesure la sonde laissée à l'air libre, et le 0 cb induit par l'immersion de la sonde dans l'eau, il y a un juste milieu, généralement compris entre 15 et 30 cb.
Trop de données à récolter
Au jardin, l'équation est différente : entre les massifs d'ornement et le potager, les cultures sont variées, avec des besoins en eau et des profondeurs d'enracinement qui diffèrent d'une plante à l'autre. Il est impossible de mesurer l'état de dessiccation du sol au cas par cas. L'observation reste l'outil de diagnostic indépassable : texture du sol en surface et à quelques cm de profondeur, flétrissement des fleurs, affaissement du feuillage…
Le mot du pro
Le tensiomètre est un outil trop perfectionné pour être utile au jardinier amateur. Sauf peut-être pour le verger et la pelouse, où les besoins sont relativement homogènes et où il est crucial de bien doser son arrosage afin d'éviter le gaspillage. On pourrait même imaginer le couplage d'un tensiomètre au système d'arrosage automatique qui permettrait d'envoyer au bon moment la quantité exacte d'eau à apporter. Cet outil existe bel et bien, mais il reste pour l'heure cantonné au monde professionnel.


