Jardin

Reconnaître les fleurs sauvages pour mieux les laisser pousser

Au mois de mars, la plupart des fleurs sauvages sont encore à l'état de jeunes plants méconnaissables pour un œil non averti. Savoir les reconnaître permet pourtant de les préserver du désherbage et de profiter de floraisons naturelles et autonomes qui ne nécessitent aucun entretien. Alors soyez vigilant et laissez-les vivre !

Qu'elles soient annuelles, vivaces ou bisannuelles, les fleurs sauvages ne sont généralement pas bien hautes sur pattes lorsqu'arrive le printemps. Elles se confondent alors avec le reste des herbes dites « indésirables », et ont tôt fait, si elles ne sont pas dûment repérées par un œil expert, d'être arrachées, sarclées ou tondues par mégarde. Or, parmi cette frétillante jeunesse végétale, il y a sans doute des petites merveilles de fleurs prêtes à égayer le jardin si on leur en laisse l'occasion. Place aux jeunes en quelque sorte !

J'y suis, j'y reste !

À défaut d'être originales, les fleurs sauvages ont ceci d'intéressant qu'elles sont totalement adaptées à leur environnement, ce qui leur permet de fleurir en toute indépendance, sans nécessiter d'arrosage ou de soins spécifiques. C'est particulièrement vrai de la fin du printemps au début de l'été, quand les conditions climatiques ne sont pas encore caniculaires. C'est d'ailleurs à cette saison qu'elles sont les plus nombreuses à fleurir, apparaissant aléatoirement, là où le vent ou les oiseaux ont bien voulu les semer. Mais surtout, elles se développent aux endroits où les conditions de germination sont optimales. Autant dire qu'elles sont parties pour durer…

Une longue liste

C'est dans les recoins inaccessibles, les zones ensauvagées, le haut des murets ou le bas des grillages, c'est-à-dire loin des pelouses tondues à ras qu'apparaissent les fleurs sauvages. Citons parmi elles, dans le désordre, l'immanquable coquelicot, le silène dont les fleurs fanent en capsules gonflées d'air, l'envoûtante vipérine commune, la pâle cataire et ses pétales à coins anguleux, la valériane rouge, rose ou blanche, mais aussi le grand trèfle bitumineux, l'imposante molène, le discret mais sublime lin vivace, l'énorme bourrache et ses fleurs comestibles, la roquette sauvage au goût relevé… La liste pourtant déjà longue, n'est bien sûr pas exhaustive.

Petit bachotage en règle

Mais repérer ces futures fleurs spontanées n'a rien d'évident, surtout à l'état juvénile, quand elles apparaissent sous la forme de petites rosettes ou de minuscules plantules. Pour les débusquer, il faut donc être curieux, s'intéresser dès le début de la saison aux jeunes pousses, apprendre à les reconnaître afin de ne pas les arracher ou de les tondre. Les applications de reconnaissance florales sur smartphone permettent également de déceler avec une relative bonne acuité les espèces qu'il pourrait être intéressant de préserver.

Sauvages… ou pas

Cela dit, il n'est pas toujours beaucoup plus simple de reconnaître les plantules de fleurs du jardin qui se ressèment spontanément. Et pourtant, les soucis, cosmos, verveines de Buenos Aires, coquelourdes, amarantes, gauras, nigelles, tournesols, pois de senteurs ou roses trémières se multiplient et se déplacent facilement dans le jardin. Selon l'endroit où elles germent, il peut être intéressant de garder ces « self made flowers », dont l'enracinement naturel, qui n'aura pas été entravé par les parois d'un godet, fera des plantes particulièrement vigoureuses et résistantes.

Biodiversité garantie !

En plus d'être jolies et autonomes, les fleurs sauvages sont très appréciées des insectes butineurs car elles sont endémiques au biotope et donc parfaitement adaptées à leurs morphologies et leurs besoins.

Benoit Charbonneau
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