Ne vous fiez pas aux apparences. Si avec l'arrivée du mois du mars, de nombreuses herbes sauvages apparaissent déjà, le temps n'est pas encore tout à fait venu de semer le gazon. Un semis trop précoce est un facteur d'échec… et mat. Erreur fatale !
Les herbes spontanées sont souvent des plantes vivaces ou bisannuelles, c'est-à-dire déjà enracinées, qui se réveillent au moindre redoux. Quant à celles qui ont effectivement germé à la sortie de l'hiver, elles sont dotées de capacités germinatives très rustiques.
La Sainte Trinité de la germination
Trois facteurs influencent directement la germination des graines de gazon :
La température du sol : le seuil de froid qui inhibe la germination de la plupart des graminées composant une pelouse tourne autour de 10 °C. En dessous de ce seuil, les graines restent en dormance. Pour connaître l'état thermique du sol, on utilise un thermomètre à aiguille, enfoncé à une dizaine de centimètres sous la surface du sol.
La température de l'air : une fois qu'elles ont germé, les jeunes pousses végètent lamentablement si le thermomètre ne grimpe pas régulièrement au-dessus de 15 °C. Aux alentours de 10 °C, elles stagnent, et à partir de 5 °C, elles cessent de croître. La température idéale est située entre 15 et 20 °C. Une douceur qui s'installe difficilement avant la fin du mois de mars.
La luminosité : pour une pleine croissance, le gazon a besoin d'une durée d'ensoleillement d'environ six heures par jour. Avec des journées encore courtes et un soleil qui rase l'horizon, il est difficile au début du mois de mars d'obtenir les conditions requises.
Il y a péril en la demeure
Hors de ces conditions favorables, les graines sont condamnées à attendre en surface du sol, constituant un garde-manger de choix pour les oiseaux et les insectes. De même, les averses de printemps risquent d'emporter les semences vers les bas-fonds du terrain, créant des zones dénudées et des paquets disgracieux. En ce début de mois de mars, l'urgence est d'attendre le mois d'avril !


