Avec le réchauffement climatique, l'avenir de nos pelouses n'est pas des plus radieux. Trop dépendantes de l'arrosage durant l'été, elles induisent des consommations d'eau qui s'annoncent insoutenables. La solution ? Leur adjoindre dès à présent quelques graines de micro-trèfle qui pourrait, qui sait, avec le temps, prendre le dessus à votre grande satisfaction.
« Gazon bien sous tous rapports cherche colocataire pour occuper une pelouse de 1 000 m² à l'année. Bonne résistance à la sécheresse exigée, afin d'occuper le terrain en cas de manque d'arrosage durant la période estivale. Chiendent et liseron s'abstenir. Écrire à la rédaction qui fera suivre. » Et le micro-trèfle postula…
Le petit trèfle qui rebat la donne
Lorsque le trèfle s'invite dans la pelouse, c'est généralement un mal aimé. Sa croissance rapide, bien supérieure à celle du gazon, dénote en formant de larges bosses vertes inesthétiques. En outre, sa taille relativement élevée se prête mal au passage de la tondeuse qui le fauche grossièrement, l'étêtant de ses feuilles et mettant disgracieusement ses tiges à nu. Pour autant, il existe quelques espèces intéressantes plus adaptées aux impératifs de la pelouse. C'est le cas du micro-trèfle « Pipolina », une variété naine de trèfle blanc qui ne dépasse pas 15 cm de hauteur, et qui arbore des feuilles et des fleurs blanches en miniature.
Le trèfle ? Un as !
Pourtant le trèfle a beaucoup d'intérêt… Ses racines s'enfoncent à près de 80 cm dans le sol, là où celles du gazon dépassent rarement le double décimètre. Il est capable de puiser l'humidité résiduelle du sol bien plus en profondeur et donc de résister davantage à la sécheresse. Autre point important, c'est une fabacée, autrement dit une légumineuse, apte à fixer l'azote atmosphérique pour s'en nourrir. Il n'a donc pas besoin d'engrais. Au fur et à mesure que son feuillage se renouvelle en tombant régulièrement sur le sol, il l'enrichit de cet azote littéralement tombé du ciel. Les plantes voisines peuvent alors s'en nourrir, dispensant le jardinier de tout apport d'engrais. Il tolère en outre remarquablement le piétinement, les sols compactés ou l'urine de chien.
Les bienfaits de la cohabitation
La meilleure manière d'utiliser le micro-trèfle est sans aucun doute de l'introduire dans un gazon existant où il va peu à peu se développer. Si les conditions sont bonnes, le gazon reste en place, mais si l'arrosage vient à manquer, il prend le relais. Porté par un réseau racinaire expansif, le micro-trèfle va se multiplier lentement au fil des années et s'incorporer à la pelouse, jusqu'à finir, pourquoi pas, par en prendre le contrôle si les conditions climatiques devaient s'aggraver. Un basculement progressif vers un nouveau type de couvert végétal que les puristes du gazon anglais n'apprécieront sans doute pas. Mais ce sera peut-être le prix à payer pour garder sa pelouse…
De la graine de champion
Le micro-trèfle se sème idéalement d'avril à mai. Pour l'intégrer à une pelouse existante, l'idéal est de procéder à une légère scarification afin d'ouvrir des espaces où les graines pourront entrer au contact avec le sol. Épandez 1 à 3 g de semences par mètre carré, recouvrez les graines d'à peine 5 mm de terreau puis tassez au rouleau. Arrosez régulièrement jusqu'à la germination, qui est assez lente. Le micro-trèfle colonisera progressivement les zones dégarnies grâce à ses stolons rampants. Attention, la vigueur bienvenue du micro-trèfle est aussi son principal défaut : en bordure des massifs ornementaux, où les stolons peuvent s'inviter inopinément, surveillez le désherbage.
Un sacré chameau !
En cas de sécheresse torride, un arrosage tous les dix jours permet de garder le micro-trèfle bien vert. Un monde en comparaison de la pelouse classique qui requiert son lot d'eau au quotidien !


