Quelle chance d'avoir une cheminée auprès de laquelle se lover en hiver ! Profiter de cet âtre ancestral de manière sécurisée et sereine exige cependant de respecter certaines bonnes pratiques.
Un peu plus de la moitié des Français avouent ne pas savoir correctement allumer un feu dans leur cheminée, selon un sondage réalisé pour le fabricant allemand de poêles à bois Hase en 2024. Peu ou prou 400 000 ans après l'invention du feu, il s'agirait de s'accorder… Procède-t-on à l'allumage par le bas ou par le haut ? Les cartons et les vieux journaux ont-ils leur place dans une cheminée ? Et quand faut-il procéder au ramonage ? Pour le bien de votre sécurité et celui de l'environnement, on se penche sur 4 erreurs fréquemment rencontrées.
Erreur n°1 : négliger le ramonage
Enjeu de santé publique et de sécurité domestique, le ramonage régulier de la cheminée permet de limiter les risques d'incendie et d'intoxication au monoxyde de carbone. Il s'agit en outre d'une obligation légale : l'article L. 2213-26 du Code général des collectivités territoriales l'impose annuellement pour tout système de chauffage au bois, mais de nombreux départements portent cette exigence à deux ramonages par an, dont l'un doit avoir lieu en période de chauffe.
Cette opération doit être réalisée par une personne qualifiée qui vous remettra un certificat de ramonage à l'issue de son intervention. Attention : en cas de contrôle, l'absence de justificatif vous expose à une amende de 450 € ! Les assurances peuvent également refuser de vous indemniser en cas d'incendie.
Erreur n°2 : se chauffer de tout bois
Pour des questions d'écologie, d'économie et de sécurité, il est primordial de choisir judicieusement son bois de chauffage. On commence par s'assurer qu'il est bien sec car à plus de 20 % d'humidité, ce combustible brûle beaucoup moins efficacement et produit davantage de particules fines, dommageables pour la santé comme pour l'environnement. Un bois trop humide encrasse également plus vite le conduit de cheminée. On considère qu'il faut environ 2 ans de stockage au bois fraîchement coupé pour sécher suffisamment. Un bois prêt à l'emploi est léger, ne présente ni moisissure ni champignon et résonne dans un bruit sec.
Le choix de la variété s'avère aussi important ! Les essences plus denses, dits G1 ou feuillus durs (hêtre, chêne, frêne, etc.), sont à privilégier car elles offrent une combustion lente. Elles peuvent toutefois être complétées d'essences tendres (G3, autrement dit peuplier, bouleau, saule), qui conviennent davantage à l'allumage. Enfin, n'utilisez jamais de bois traités, dont les polluants sont très nocifs lors de la combustion, ni de documents imprimés ou de cartons d'emballage.
Erreur n°3 : se passer d'un détecteur de CO
Si, contrairement à celle d'un détecteur de fumée, l'installation d'un détecteur de monoxyde de carbone (CO) n'est pas obligatoire, elle reste vivement conseillée. On peut fixer cet équipement au mur ou au plafond, à distance d'1 à 3 mètres de la cheminée ou de tout appareil de chauffage ou de cuisson fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l'essence, au fuel ou à l'éthanol. Pensez aussi aux pièces de vie puisque ce gaz se disperse très rapidement : une alarme alertera alors les occupants directement en cas de détection.
Inodore, invisible et non irritant, le monoxyde de carbone provoque près de 3 000 intoxications et une centaine de décès en France chaque année. Dès les premiers symptômes (maux de tête, vertiges, étourdissement, fatigue, nausées), notamment chez plusieurs personnes à la fois, aérez immédiatement, arrêtez si possible les appareils à combustion, évacuez le logement et contactez les secours.
Erreur n°4 : mal gérer son feu
De nombreuses idées reçues circulent toujours sur les bonnes manières d'entretenir son feu, à commencer par l'allumage. Traditionnellement, on commence en effet par le bas, en disposant les grosses bûches sur du petit bois… Pourtant, un allumage par le haut, dit aussi « inversé », dégage moins de polluants (gaz et particules fines) et de fumée, tout en étant plus efficace. Le feu prend ainsi plus lentement, mais également plus sûrement.
À noter que l'air est indispensable au démarrage : ne fermez pas la porte de votre insert trop tôt. Quant à la quantité de bois, rien ne sert de surcharger le foyer : deux à trois bûches, bien aérées, suffisent amplement à créer une flambée agréable.


