Alors que les femmes sont particulièrement touchées par les maladies cardiovasculaires, la contraception hormonale est un facteur potentiellement aggravant qui est encore trop souvent négligé.
Infarctus, accident vasculaire cérébral ou encore embolie pulmonaire… ce sont 200 femmes qui meurent chaque jour d'une maladie cardiovasculaire en France, d'après les données de l'Observatoire national de la santé des femmes (ONSF). Or, les facteurs de risques de développer de telles pathologies peuvent être augmentés par la contraception hormonale. La fondation Agir pour le cœur des femmes a récemment donné l'alerte sur ce risque de santé publique.
40 à 60 % de contraceptifs contre-indiqués
Choisir une pilule, un anneau vaginal ou un patch cutané n'a rien d'anodin. Car si ces produits ont fait leurs preuves en matière de contraception, ils peuvent être contre-indiqués en fonction de la situation de la patiente. L'hypertension, l'obésité, les antécédents cardiovasculaires familiaux, la consommation de tabac ou encore la prise d'âge (plus de 35 ans) sont en effet autant de facteurs qui, combinés à un contraceptif hormonal, exposent à un sur-risque de développer une maladie cardiovasculaire. À titre d'exemple, la Fondation recherche cardiovasculaire estime ainsi que « le tabac multiplie par 12 le risque d'accident cardiovasculaire chez les femmes sous contraception hormonale combinée, contre un risque multiplié par 2 à 3 chez les non-fumeuses sous contraception ».
Et justement, à partir de l'analyse de près de 15 000 dossiers médicaux issus des dépistages réalisés par les bus de prévention du Cœur des femmes, l'ONSF a conclu qu' « entre 40 % et 60 % des prescriptions de contraception oestroprogestative, associant un œstrogène de synthèse et un progestatif (contraception dite combinée), sont inadaptées ».
C'est pourquoi, il est impératif de faire un point complet sur les éventuels facteurs de risques cardiovasculaires avec son médecin traitant ou son gynécologue lors de la prescription d'une première contraception, mais aussi de vérifier l'absence d'apparition de contre-indications à chaque renouvellement.


