La méningite, une maladie trop banalisée - Minizap Annecy
Santé

La méningite, une maladie trop banalisée

Maladie rare mais grave, voire mortelle dans certains cas, la méningite à méningocoques fait partie de la conscience collective sans pourtant trop nous inquiéter au quotidien. Mais alors pourquoi notre perception du danger est-elle faible face à cette pathologie ? Décryptage.

Chaque année dans l'Hexagone, 500 à 600 cas d'infections invasives à méningocoques (méningites et septicémies) sont répertoriées en France, causant le décès de 10 à 12 % des patients atteints, d'après Santé publique France, tandis que 250 000 personnes y succombent dans le monde, selon la revue The Lancet Neurology. Très récemment, une épidémie de méningite a d'ailleurs touché le Royaume-Uni, faisant deux morts et plusieurs cas graves. Si l'information a évidemment ému outre-Manche, les Français ne semblent cependant pas suffisamment craindre cette maladie…

Rare mais potentiellement grave

La méningite est une inflammation des méninges, autrement dit des enveloppes entourant le cerveau, ainsi que la moelle épinière. Elle peut être causée par un virus : c'est la forme la plus fréquente de la maladie, qui s'avère généralement bénigne. De façon plus rare, elle peut également être due à des bactéries appelées méningocoques (les plus courants sont les A, B, C, W et Y) et pneumocoques. Lorsqu'elle est bactérienne, la méningite est alors très contagieuse et se transmet par les sécrétions qui se trouvent dans notre gorge ou notre nez lors d'un contact étroit et prolongé avec une personne. Surtout, la méningite à méningocoques peut, elle, être très grave, entraîner un handicap, voire la mort, car elle est susceptible de provoquer un empoisonnement du sang.

Des symptômes assez banals

Si cette maladie rare peine à être davantage prise en compte, c'est aussi parce que ses symptômes sont à première vue assez semblables à ceux d'autres pathologies, à l'instar des gastro-entérites ou encore de la grippe. En effet, les adolescents et adultes se plaignent généralement d'une forte fièvre, de maux de tête, de nausées, voire de vomissements, et d'une incapacité à supporter trop de lumière et de bruit. Du côté des nourrissons, on remarque des pleurs très intenses, une fontanelle plutôt bombée et un état apathique.
Il est donc parfois difficile de considérer qu'il peut y avoir une véritable urgence, même si certains signes comme une nuque raide, des confusions ou des taches violacées sur la peau peuvent alerter. Si vous avez le moindre doute, contactez immédiatement votre médecin car l'évolution de cette infection peut être extrêmement rapide, entraînant une détérioration de l'état du patient en l'espace de 24 heures.

Comment s'en protéger ou se soigner ?

Le plus souvent, la méningite bactérienne se soigne avec des antibiotiques. Néanmoins, pour éviter que les infections invasives à méningocoques ne dégénèrent, la vaccination reste la meilleure solution de prévention, d'autant plus lorsque la maladie a un fort taux épidémique. Mais là encore, si chez les bébés jusqu'à l'âge de 2 ans, le vaccin contre les méningocoques A, B, C, W et Y est obligatoire depuis (seulement) l'an dernier, il est simplement recommandé chez les adolescents et les adultes. Par ailleurs, il est possible de faire un rattrapage jusqu'à l'âge de 24 ans. Comme le rappelle Santé publique France, cette étape est « essentielle pour protéger directement les jeunes adultes et a également un objectif de protection collective en diminuant la transmission dans la population. »

Julie Pitaud
Photos liées à l'article
© Shutterstock / City Presse
© iStock / City Presse
© Shutterstock / City Presse
Santé

Une appli pour bien se brosser les dents

Les quenottes de nos têtes blondes ne sont pas à l'abri des caries ! Selon l'Union française pour la santé bucco-dentaire, près d'1 enfant sur 3 en présente avant l'âge de 6 ans. Le brossage reste le geste préventif le plus effica...
Lire la suite
Une appli pour bien se brosser les dents
Santé

Des chutes de plus en plus mortelles

Première cause de mortalité accidentelle chez les seniors, les chutes sont un véritable enjeu de santé publique. Lancé en 2022, le Plan antichute des personnes âgées s'était fixé pour objectif de réduire de 20 % les chutes mortell...
Lire la suite
Des chutes de plus en plus mortelles
Santé

TDAH, autisme, anorexie : le microbiote en cause ?

L'origine de certains troubles mentaux est-elle à chercher auprès de notre deuxième cerveau ? C'est la piste envisagée par une étude de l'université Comenius de Bratislava (Slovaquie), publiée dans la revue Neuroscience en octobre...
Lire la suite
TDAH, autisme, anorexie : le microbiote en cause ?