En France, la mortalité périnatale ne cesse d'augmenter, concernant un peu plus d'une naissance sur 100. Une hausse qu'il est important de pointer du doigt pour en comprendre davantage les causes et parvenir à inverser la tendance.
Selon le dernier rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), datant de juillet dernier, le constat, aussi effrayant qu'il puisse paraître, est sans appel : en France, en 2024, 11,2 enfants sur 1 000 naissances sont mort-nés ou décédés dans leur première semaine de vie, un niveau qui, jusqu'ici, n'avait jamais été atteint, et qui croit continuellement depuis 2021. Pourquoi cette mortalité périnatale augmente sur le territoire et comment l'enrayer ? Décryptage.
Facteurs et composantes
En 2024, en France, sur 661 822 naissances, 7 398 enfants sont nés sans vie ou morts in utero (mortinatalité), ou sont nés vivants avant de décéder dans leur première semaine de vie (mortalité néonatale précoce), selon les données hospitalières récoltées par la DREES. Ces deux composantes constituent ce que l'on appelle la mortalité périnatale. Et parmi les facteurs responsables de ce phénomène, la prématurité a une importance majeure. En effet, 84 % des décès périnataux surviennent lors d'un accouchement prématuré (avant 37 semaines d'aménorrhée). Les femmes vivant une grossesse multiple sont, elles aussi, plus menacées, avec 3,8 fois plus de risque de vivre ce type de drame, notamment dû aux accouchements prématurés ou à certaines complications.
Enfin, la DREES estime que les femmes les plus concernées sont âgées de moins de 20 ans (18,1 %), car leur situation peut être précaire et le suivi de grossesse moins complet que celui d'autres futures mères, et celles de plus de 40 ans (17,6 %), sujettes à de nombreuses pathologies liées à l'âge.
Des inégalités au sein d'un même territoire
Outre ces indicateurs, la DREES met également en exergue une véritable disparité, tout d'abord liée au milieu social. Le taux de mortalité périnatale est en effet de 9 % dans des communes favorisées alors qu'il atteint 12 % dans les villes défavorisées.
De plus, la situation géographique est également à prendre en compte puisque les taux les plus élevés ont été enregistrés en outre-mer. Contrairement à l'Auvergne, qui affiche 9 % de taux de décès périnataux, la Guadeloupe bat par exemple le triste record de 21 % de décès périnataux. À plus grande échelle, là encore, l'Hexagone est loin d'être un exemple en la matière. Santé publique France rappelle que le pays « se situe désormais au 21e rang européen sur 27. »
Améliorer le système de soins
Afin de limiter le risque de décès périnataux, il est donc urgent d'agir. Divers organismes de santé, à l'instar de l'association SOS Préma ou d'autres acteurs comme l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), préconisent de mettre en œuvre des actions pendant et après la grossesse. D'après le rapport de l'IGAS rendu public il y a quelques semaines, il semble essentiel que les professionnels du monde médical suivent davantage les femmes enceintes mais aussi celles qui viennent d'accoucher, que patientes et leurs nouveau-nés à risque soient mieux pris en charge sur tous les plans, mais aussi qu'il y ait, en parallèle, une véritable restructuration des services de santé et plus globalement une réorganisation des maternités.


