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Abattre une haie de cyprès et laisser les souches en terre

Comme le spleen, le cyprès n'est plus à la mode et on trouve toujours une bonne raison de ne plus en faire de haie. Il est même souvent plus sage de remplacer ces vieux murs de « béton végétal » par des plantations plus attrayantes. Soyons malins, n'ajoutons pas, alors, au dur labeur de l'abattage, celui harassant du dessouchage, car il est inutile.

Croissance rapide, densité de feuillage et adaptabilité à tous les types de sols, voilà les trois qualités qui ont fait pendant longtemps du cyprès de Leyland l'archétype indépassable de la plante de haie parfaite. Il est pourtant peu compatible avec les exigences de l'entretien et de la taille car c'est un véritable arbre qui aspire irrépressiblement à prendre de la hauteur. Et l'on ne vous parlera pas de son pollen allergisant, de son feuillage monotone, de l'absence de fleurs ou de sa faible attractivité pour la faune auxiliaire.

La fin des cyprès

Au vingt et unième siècle, les haies doivent s'adapter à tout. On les veut plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur, mais aussi plus esthétiques, plus fleuries, et pourquoi pas plus productives. Elles doivent aussi être choisies en fonction de leur hauteur à maturité, selon les besoins précis d'occultation, afin de limiter, voire de faire disparaître, les travaux de taille. Les espèces candidates sont nombreuses, mais ce n'est ni le lieu ni l'heure d'en dresser la liste. Toujours est-il qu'il n'est pas dénué de sens de vouloir remplacer une haie de cyprès dont l'entretien, fatigant et chronophage, doit être régulier. En effet, à l'état sauvage, il s'agit d'arbre pouvant mesurer plus d'une vingtaine de mètres de hauteur !

C'est du boulot !

Avant de remplacer une haie de cyprès par une haie bocagère plus adaptée, il faut commencer par abattre la première. Un long et pénible travail qui génère beaucoup de bois à débiter pour la cheminée (à condition de le laisser sécher au moins deux ans) et de déchets verts à évacuer ou broyer. Déléguer tout ce travail à un professionnel, malgré son coup financier important, n'est certainement pas une aberration. En revanche, il n'est pas nécessaire de prévoir l'exténuant travail de dessouchage.

Pas de nouveau départ

En effet, le cyprès, à l'instar de la plupart des conifères, n'est pas capable de repousser « sur le bois ». À l'inverse des feuillus, aucun rejet ne peut repartir de la souche. Aussi est-elle irrémédiablement destinée à se décomposer dans le sol. On peut donc, sans problème, en adaptant le gabarit des nouvelles plantations à l'espacement disponible entre les souches (entre 80 et 100 cm le plus souvent), y planter la nouvelle haie sans pratiquer de dessouchage, quitte à avancer ou reculer légèrement le trou de plantation de l'axe de la haie précédente, si le réseau des racines empêche de creuser.

Autodestruction enclenchée

Coupées au ras du sol, les souches auront tôt fait de disparaître sous le feuillage de la nouvelle haie. D'autant qu'en se décomposant, très lentement, elles fourniront sur le long terme une matière organique nourricière pour la haie en devenir. Cela dit, les méticuleux peuvent faire disparaître ces souches en les recoupant sous la surface du sol après les avoir bien dégagées à la pelle. Il suffit ensuite de replacer la terre pour les enterrer définitivement et les faire disparaître du regard.

Benoit Charbonneau
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