Cultiver les dipladenias en pleine terre : une étrange mais vraie bonne idée - Minizap Nord-Isère
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Cultiver les dipladenias en pleine terre : une étrange mais vraie bonne idée

À l'heure des canicules à répétition, sortons des sentiers battus, et les dipladenias de leur pot. En effet, si cette plante hyperflorifère est gélive, elle est aussi très résistante à la sécheresse. Si bien que cette habituée des pots et des hivernages pourrait gagner à être cultivée en pleine terre où elle s'épanouit mieux. Quitte à la voir mourir, comme une annuelle, avec l'arrivée de l'hiver.

Puisqu'il faut appeler un chat un chat, il est important de commencer en précisant que le dipladenia est également vendu sous l'appellation mandevilla. Cette distinction, d'ordre purement commercial, n'a pas de valeur botanique, mais permet de différencier tacitement les variétés à feuillage lisse et à port compact ou semi-grimpant, les dipladenias, des variétés à feuillage gaufré et à port clairement grimpant, vigoureux et volubile, les mandevillas. Bref, c'est comme distinguer le chat qui ronronne dans le salon de celui qui grimpe à la gouttière. Ça reste des chats.

Une frileuse doxa

En France métropolitaine, il n'y a pas de débat. Le dipladenia est une plante gélive qui se cultive uniquement en pot. Et pour cause, en dehors des zones littorales privilégiées, il ne passe pas l'hiver : il stoppe sa floraison à 15 °C, fige sa croissance à 10 °C, perd son feuillage à 0 °C et meurt à -5 °C. Voilà donc un dogme, largement justifié, mais qui peut se discuter car la plante, outre sa floribondité exceptionnelle, a un intérêt de choix : elle est très résistante à la sécheresse grâce à ses racines tubérisées charnues où elle stocke une grande partie de l'eau dont elle a besoin. En ces temps caniculaires, dipladenias et mandevillas constituent donc des solutions pour fleurir sans arrosage le jardin in situ et non pas seulement dans un pot, les terrasses et les balcons.

Peut mieux faire !

La réflexion est la suivante : quand une plante s'avère capable de fleurir aussi massivement dans l'exiguïté de son pot, elle est forcément capable de fleurir encore plus abondamment lorsque son système racinaire est libre de s'enfoncer dans le sol. C'est logique… et vérifié. En pleine terre, et à arrosage égal, le dipladenia fleurit mieux, pousse plus fort et tient plus longtemps durant l'arrière-saison que dans un pot. Quoi de plus normal ? Le volume de substrat qui n'est pas limité, se dessèche, s'épuise et refroidit beaucoup plus lentement. À condition qu'il soit planté dès le mois de mai et que le sol lui soit favorable (ni trop calcaire, ni trop compact), lorsqu'il est « lâché » en pleine terre, le dipladenia fait des merveilles dans la chaleur suffocante de l'été.

Un destin tragique mais assumé

À ce train, vous obtenez rapidement des floraisons massives, qui s'étalent avec arrogance du mois de juin au mois d'octobre, voire un peu plus si la plante est placée favorablement : exposition ensoleillée, le long d'un mur protégé des vents dominants. Et après ? Puisque c'est son destin, et sauf conditions extrêmement propices, le dipladenia va mourir de froid. Ce n'est pas grave car l'intérêt de la démarche n'est pas la longévité mais l'intéressant ratio floraison / arrosage. Ce détail ne vaut-il pas le sacrifice de la plante en fin de saison, comme on le fait avec bon nombre de légumes du potager ? En effet, sous nos climats, tomates, poivrons ou aubergines que l'on cultive comme des annuelles, meurent de froid et non de vieillesse, dans la plus grande indifférence.

Trompe-la-mort ?

Aux cœurs sensibles et aux âmes chiches qui pourraient regretter de voir mourir une si jolie plante, plusieurs solutions : le voilage d'hiver associé à un épais paillage du pied, le bouturage semi-aoûté et à chaud des petits rameaux en fin d'été ou le déterrage de la souche avec stockage en pot à l'abri du froid durant l'hiver. Au choix !

Benoit Charbonneau
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© iStock / City Presse
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