Dans les rayons outillage, la gouge à asperge passe très souvent inaperçue. Et pour cause, tout le monde n'a pas d'aspergeraie… Seulement voilà, sa forme se prête à d'autres usages très utiles.
La gouge possède un manche court en bois, une longue tige étroite en acier forgé, terminée par une lame incurvée et affûtée à l'extrémité. Son rôle est précis : aller sectionner, loin sous la surface du sol, dans les hautes buttes où elles poussent, les turions d'asperge bien blancs et bien tendres. On l'enfonce parallèlement à la tige jusqu'à vingt ou trente centimètres. Une légère résistance indique qu'il faut donner un petit coup de levier pour couper le pied à sa base. Résultat : la tige est récoltée nette, sans blesser les griffes ni perturber le reste de la touffe.
L'accoucheuse de rejets
Plus inattendu, la gouge excelle pour prélever les œilletons d'artichaut au ras du pied mère, détacher les caïeux d'ail des ours et les rejets de bananier ou de vivaces sans déchirer les racines et sans blesser ni la plante mère, ni le rejeton. En bref, partout où il faut séparer proprement, en profondeur, sans arracher ni écraser, la gouge fait merveille.
La sabreuse d'indésirables
Pissenlit, chardon, rumex, ces adventices vivaces partagent une même stratégie de survie : enfoncer une solide racine pivotante à plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Qu'on les casse trop haut, et les plantes repoussent. La gouge évite cela : on l'enfonce profondément le long de la racine, on la soulève délicatement pour couper, puis on extirpe la plante. Le profil creux de la lame évite que la racine ne glisse pendant la traction. Un geste propre, un impact minimal sur le sol environnant, une frappe chirurgicale.
Le conseil du pro
Optez pour une tige en acier forgé de bon diamètre (1 cm environ), d'au moins 20 à 30 cm de long. Comptez entre 15 et 45 € selon la qualité de l'acier et donc la solidité de l'outil. Dernier petit truc : un arrosage léger la veille facilite sensiblement la pénétration et l'extraction.


