Je n'ai jamais réussi à faire un bouquet de coquelicots. Ils fanent rapidement après la mise en vase. Pourquoi ?
Si vous ne parvenez pas à faire tenir les coquelicots en vase, rassurez-vous, c'est de leur faute, pas de la vôtre ! La raison principale est d'ordre biologique : si dans la nature, un pied de coquelicot est capable de fleurir durant plusieurs semaines d'affilée, en revanche, ses fleurs sont éphémères. Elles s'ouvrent et meurent dans la journée, ce qui représente une période très courte pour se faire polliniser par un insecte. D'où sans doute la couleur rouge vif éclatante de ses fleurs, destinée à les faire remarquer des pollinisateurs. Aucun vase ne peut rien changer à cette implacable programmation biologique.
Une fine fleur de papier
À cela, il faut ajouter que les quatre pétales qui composent la fleur sont d'une finesse extrême par rapport à leur taille, et c'est ce qui d'ailleurs en fait toute la délicatesse. Ce n'est pas pour rien que les botanistes les qualifient de papyracés, c'est-à-dire fins comme du papier. Ils offrent une surface d'évaporation considérable, sans commune mesure avec l'épaisseur quasi nulle de leurs tissus. Résultat : dès que la fleur est séparée de la plante, elle se dessèche à une vitesse foudroyante.
T'as pas du feu ?
De surcroît, comme toutes les fleurs de la famille des pavots, le coquelicot produit un suc laiteux qui s'écoule dès que la tige est sectionnée. Cette sève épaisse coagule rapidement et bouche les vaisseaux conducteurs, empêchant la fleur de s'hydrater avec l'eau du vase. C'est pourquoi on recommande de cautériser la tige après la coupe à l'aide d'une flamme. La chaleur faisant coaguler le latex en surface, elle limite son débordement dans les vaisseaux. En cueillant des fleurs en boutons tôt le matin et en passant aussitôt la flamme sur la tige coupée avant de les plonger dans l'eau fraîche, vous pourrez peut-être contempler votre bouquet quelques heures de plus. Mais ne rêvez pas… c'est surtout dehors que le coquelicot se contemple !


