Faut-il tuteurer ses arbres fruitiers à la plantation ? - Minizap Pays Berjallien
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Faut-il tuteurer ses arbres fruitiers à la plantation ?

Je compte planter quelques arbres fruitiers en ce début d'année. Faut-il que je prévoie obligatoirement des tuteurs ?

Une aide purement théorique

A priori, les rôles du tuteur sont multiples : éviter que l'arbre ne pousse de travers, protéger les jeunes racines encore fragiles des mouvements de balancier qui les briseraient, empêcher le déracinement par coup de vent… bref, lui assurer une reprise sereine. Sauf que cette béquille l'empêche de percevoir son environnement et de s'y adapter par lui-même.

La béquille qui rend aveugle

À ce sujet, le laboratoire PIAF (INRAE Clermont-Ferrand) est clair : les arbres tuteurés rigidement développent mal leur structure. Dans la nature, sous l'effet des sollicitations du vent, l'arbre adapte sa croissance aux conditions extérieures grâce à la thigmomorphogénèse : il développe un système racinaire plus profond, réduit sa hauteur et surtout accroît très fortement le diamètre de son tronc. Un arbre tuteuré, entravé dans ses mouvements, ne perçoit pas ces stimulations mécaniques. D'où l'intérêt de planter des végétaux jeunes et si possible à racines nues, sans tuteur, car un scion d'un à deux ans construit naturellement sa robustesse. À l'inverse, un gros sujet en pot, surtout chez les espèces à feuillage persistant avec leur prise au vent hivernale, devient dépendant de son tuteur et peinera toute sa vie à s'en émanciper. Mieux vaut le tailler drastiquement afin d'adapter le volume de sa ramure à celui de ses maigres racines.

Un tuteurage tout en souplesse

Plusieurs situations nécessitent cependant un tuteurage : arbres feuillus de plus d'un mètre cinquante vendus en conteneur, terrains très venteux, sols sableux où l'ancrage peine… Optez alors pour un tuteurage à liens souples, avec deux ou trois tuteurs périphériques, sans contact avec le tronc, qui autorisent le mouvement sans permettre le déracinement. Cette liberté contrôlée forge la résistance future. Et surtout, libérez l'arbre au bout d'un an.

Benoit Charbonneau
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© Shutterstock / City Presse
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