Qu'on le coupe et le fende soi-même ou qu'on se le fasse livrer, le bois de chauffage n'est jamais tout à fait sec. Alors, brûlera, brûlera pas ? Un seul juge de paix de cette question brûlante : l'humidimètre.
Un bois humide doit d'abord évaporer son eau avant de brûler : il gaspille ainsi une partie de son énergie en vapeur. Cette évaporation, qui emporte avec elle de la chaleur, refroidit le foyer, si bien que les gaz du bois n'y brûlent plus entièrement. Le foyer émet alors deux à quatre fois plus de polluants : monoxyde de carbone, goudrons et particules fines. En se condensant plus haut sur les parois du conduit, les fumées de ces combustions incomplètes déposent le bistre, un dépôt collant et acide qui provoque, en s'enflammant, les fameux feux de cheminée.
Deux poids, deux mesures
Pour le bois de chauffage, la référence est l'humidité sur masse brute : la part d'eau dans le poids total de la bûche. Une bûche d'un kilo qui contient 200 g d'eau affiche ainsi 20 %. Mais certains humidimètres, conçus pour la menuiserie, rapportent cette eau au seul poids du bois sec, soit 200 g sur 800 g : 25 % pour la même bûche ! Le séchage idéal pour le bois de chauffage se situe entre 15 et 20 %. Pour mesurer cela, réglez votre humidimètre sur masse brute, fendez une bûche, plantez les deux pointes de l'appareil, au cœur du bois et lisez l'écran. Bien sûr, les extrémités sont plus faciles d'accès, mais elles ne sont pas fiables : leur taux d'humidité varie avec la météo.
Le mot du pro
Depuis 2022, la facture de bois de chauffage doit indiquer le taux d'humidité moyen du lot, avec la mention « prêt à l'emploi » s'il ne dépasse pas 23 % sur masse brute. Pour les commandes de moins de 2 m³, ce seuil est même obligatoire. Sans prendre les livreurs de bois pour des escrocs, il est bon, à la livraison, de contrôler quelques bûches, déjà qu'avec eux, entre stère et mètre cube, on a du mal à se comprendre…


