Écrans à l'école, la rentrée du grand débranchement - Minizap Nord-Isère
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Écrans à l'école, la rentrée du grand débranchement

Le smartphone n'entre plus en classe. Après l'école et le collège, l'interdiction du téléphone portable gagne les lycées, de la première à la dernière sonnerie. Élèves, parents et professeurs vont devoir réapprendre à travailler sans écran à portée de main.

Rangé dans un casier, glissé dans une pochette ou laissé à la maison, le smartphone n'est plus le bienvenu dans les cartables. À partir de cette rentrée, l'interdiction du téléphone portable, appliquée dans les écoles et les collèges depuis 2018, s'étend aux lycées. La consigne du ministère de l'Éducation nationale tient en une formule : « de la cloche à la cloche ». L'appareil doit en effet rester éteint et rangé du premier au dernier coup de sonnette, récréations et pause déjeuner comprises. Les montres connectées et autres objets communicants sont logés à la même enseigne. Deux exceptions seulement : les usages pédagogiques encadrés par un enseignant et les élèves dont la santé ou le handicap justifie un équipement connecté.

Le collège a montré la voie

Le lycée ne part pas de zéro. Dans les collèges, le dispositif « portable en pause » s'est généralisé : chaque établissement choisit sa méthode, casiers, pochettes numérotées ou boîtes de dépôt, pour tenir les appareils à l'écart durant toute la journée. Le ministère tire de l'expérimentation un bilan flatteur : climat scolaire apaisé, élèves plus attentifs en cours, moins d'incidents liés aux réseaux sociaux et une baisse des signalements de cyberharcèlement. Des chefs d'établissement décrivent aussi des cours de récréation où l'on se remet à parler, à jouer, à bouger. C'est ce bilan qui a décidé le gouvernement à embarquer les quelque 2 millions de lycéens dans la même règle, malgré un public plus âgé et plus rétif.

Plus de 5 heures par jour

Derrière la règle, il y a des chiffres. Les 15-19 ans passent en moyenne 5 h 19 par jour devant un écran, selon les données mises en avant par le ministère de l'Éducation nationale. Une exposition qui inquiète médecins et enseignants sur plusieurs fronts : sommeil raccourci par les consultations tardives, fatigue visuelle, difficultés de concentration, isolement, sans oublier la désinformation et le harcèlement qui prospèrent sur les réseaux sociaux. Le problème tient moins à l'outil qu'à l'usage continu, en classe comme à table, qui grignote l'attention et le lien social. L'école, où les adolescents passent l'essentiel de leurs journées, devient le premier terrain de reconquête.

Tout reste à organiser

Reste à faire vivre la règle. Chaque lycée définit dans son règlement intérieur la façon de ranger les appareils et les sanctions en cas de manquement, de la confiscation temporaire à la punition classique. Les régions, responsables des bâtiments, sont sollicitées pour financer casiers et rangements. Côté professeurs, beaucoup saluent le principe tout en s'interrogeant sur son application à des élèves de 17 ou 18 ans, parfois majeurs, qu'il faudra convaincre plutôt que contraindre. Les organisations lycéennes dénoncent une mesure jugée infantilisante et rappellent que le téléphone sert aussi à réviser, à consulter les emplois du temps ou à rassurer les parents. Le ministère assume : la déconnexion pendant les cours prime.

La partie se joue aussi à la maison

L'école ne réglera pas tout, la journée d'un adolescent ne s'arrêtant pas au portail. Les spécialistes de santé publique recommandent de sanctuariser certains moments à la maison : pas d'écran le matin avant de partir, pas de téléphone dans la chambre la nuit, des repas sans notification. La loi impose d'ailleurs aux fabricants de proposer un contrôle parental dès la première mise en service des appareils vendus en France, un outil encore largement sous-utilisé. Le chantier dépasse les frontières : la France défend à Bruxelles l'idée d'une majorité numérique européenne et d'une vérification d'âge sérieuse à l'entrée des réseaux sociaux. En attendant, le levier le plus simple reste à la portée de chaque famille : des adultes qui montrent l'exemple en posant, eux aussi, leur téléphone.

City Presse
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