Rares sont les jeux qui osent encore prendre un tel virage esthétique. Mouse : P.I. For Hire débarque comme un pavé dans la mare des sorties printanières, à contre-courant des productions calibrées pour les écrans 4K HDR. Le studio polonais Fumi Games a passé près de quatre ans à façonner cet hommage assumé aux cartoons « rubberhose » des années 1930, ces dessins animés aux personnages élastiques imaginés par les frères Fleischer ou les studios Disney d'avant-guerre. Chaque image est dessinée à la main en noir et blanc charbonneux, et le rendu est si convaincant que l'on se surprend, les premières secondes, à croire regarder un vieux court-métrage remasterisé plutôt qu'un jeu vidéo.
Dans la peau de Jack Pepper, détective souris à la voix gouailleuse de l'inégalable Troy Baker, le joueur arpente les ruelles glauques de Mouseburg, ville rongée par la corruption. La caméra à la première personne alterne séquences d'investigation, dialogues savoureux et fusillades chorégraphiées comme dans un film noir. Une bande originale jazz orchestrale d'une élégance rare achève de planter le décor. Plus de vingt niveaux et une dizaine d'armes cartoon plus loin, l'addiction est totale, l'envie de prolonger l'aventure intacte.
Mouse : P.I. For Hire, PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, 39,90 €


