Les plateformes de streaming vidéo ont considérablement augmenté leurs tarifs ces dernières années. Face à cette inflation, les consommateurs cherchent des alternatives pour maîtriser leur budget télé.
Le temps où Netflix, Disney+ ou Prime Video se disputaient les abonnés à coups de tarifs agressifs semble définitivement révolu. En quelques années, les prix des services de streaming vidéo ont connu une inflation spectaculaire, forçant les aficionados de séries et de films à revoir leurs habitudes. Entre formules avec publicité, co-abonnement légal et offres des opérateurs, les solutions pour limiter la facture se multiplient. Tour d'horizon d'un marché en pleine mutation.
La folle envolée
Les chiffres donnent le vertige. En onze ans, l'abonnement Netflix Premium est passé de 11,99 € à 21,99 € par mois, soit une hausse de 83 %. Disney+ a fait encore plus fort : lancé à 6,99 € en 2020, le service affiche désormais 15,99 € pour son offre sans publicité, doublant son tarif en seulement cinq ans. Selon le cabinet Convergence Research Group, les prix du streaming ont bondi de 12 % rien qu'en 2025, la quatrième année consécutive de hausse à deux chiffres. Cette inflation s'explique par la fin de la course aux abonnés à tout prix : les plateformes privilégient désormais la rentabilité. Les investissements massifs dans les contenus originaux, les droits sportifs et les productions locales pèsent sur les comptes, et ce sont les abonnés qui paient l'addition.
Le succès inattendu de la publicité
Face à la grogne des consommateurs, les plateformes ont dégainé une parade : les formules avec publicité. À 5,99 € par mois chez Netflix ou 6,99 € chez Disney+, ces offres permettent de diviser la facture par trois ou quatre. Et contre toute attente, le public suit massivement. Selon Morgan Stanley, plus de la moitié des nouveaux abonnés Netflix aux États-Unis ont opté pour la formule avec publicité l'an passé. La plateforme revendiquait 94 millions d'utilisateurs mensuels sur cette offre au printemps dernier. En France, la tendance se confirme, notamment chez les jeunes adultes habitués à la publicité sur les réseaux sociaux. Un compromis qui permet aux plateformes de maintenir leur croissance tout en proposant un point d'entrée plus accessible.
Le co-abonnement, nouvelle parade française
Une autre solution gagne du terrain dans l'Hexagone : le co-abonnement légal. Des plateformes comme Sharesub ou Spliiit permettent de partager un même abonnement entre plusieurs utilisateurs qui ne se connaissent pas forcément, en toute légalité. Le principe repose sur les formules famille ou multi-écrans proposées par les services de streaming. Un abonnement Netflix Standard à deux écrans ou Premium à quatre écrans peut ainsi être divisé entre autant de foyers, réduisant d'autant la facture individuelle. Ces services de mise en relation prélèvent une commission mais l'économie reste substantielle, pouvant atteindre 50 à 70 % selon les cas. Une pratique qui séduit particulièrement les étudiants et les jeunes actifs.
Les opérateurs en embuscade
Canal+ et les opérateurs télécoms ont flairé l'opportunité. Le groupe de Vincent Bolloré propose une offre Ciné Séries à 29,99 € par mois regroupant plusieurs plateformes, ou un tarif réduit à 19,99 € pour les moins de 26 ans. Orange, SFR et Bouygues intègrent également des services de streaming dans leurs offres box, parfois gratuitement pendant plusieurs mois. Aux États-Unis, Disney prépare la fusion de Disney+ et Hulu pour créer une plateforme unifiée, avec des bundles incluant ESPN à partir de 20 € par mois. Cette consolidation du marché pourrait préfigurer l'avenir du streaming : moins de services indépendants, davantage de bouquets tout compris rappelant étrangement les bonnes vieilles offres du câble que Netflix prétendait enterrer. Une chose est certaine : l'époque du streaming illimité à prix modique appartient au passé.


