C'est un phénomène que l'on observe depuis les années 90 : l'usage des drogues chez les jeunes évolue sans cesse. Si désormais l'alcool et le cannabis ont beaucoup moins de succès, c'est la consommation de protoxyde d'azote qui flambe chez les 16-30 ans. C'est ce que révèle la 6e édition du baromètre des addictions Ipsos BVA/Macif, publié tout récemment.
Banalisation d'une nouvelle drogue
Réalisée en avril-mai auprès de 3 500 Français âgés de 16 à 30 ans, cette enquête révèle d'abord que les consommations régulières d'alcool (-5 points depuis 2021) et de cannabis (-2 points depuis 2021) reculent nettement. En revanche, le protoxyde d'azote s'installe durablement dans les pratiques : 12 % des jeunes l'ont déjà expérimenté, alors qu'ils n'étaient que 6 % en 2022 selon les chiffres de Santé publique France. Aujourd'hui, 3 % en prennent régulièrement et 9 % de façon occasionnelle.
Cette consommation reste fortement associée à un contexte festif : 42 % déclarent s'en servir « juste pour s'amuser » ; 71 % l'inhalent lors de soirées entre amis ; mais 35 % disent également en consommer seuls à leur domicile. Au-delà de la recherche de sensations, les motivations psychologiques occupent une place importante chez les sondés : 21 % en usent pour se sentir bien ; 21 % pour déstresser et 20 % pour « se laisser aller ».
Pourtant, les jeunes semblent conscients des dangers du protoxyde d'azote (vertiges, pertes de connaissances, brûlures par le froid, troubles neurologiques et vasculaires…) puisqu'ils sont 85 % à être favorables à un durcissement de la législation encadrant ce produit, tandis que 81 % des consommateurs reconnaissent que cette substance altère la capacité à conduire ou à se déplacer en sécurité. Le succès de cette nouvelle drogue tient ainsi à sa forte accessibilité et son tarif peu coûteux.




