Covid-19 : un retour au bureau très encadré - Minizap Chambery
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Covid-19 : un retour au bureau très encadré

Après des semaines d'arrêt ou de travail à distance, le retour au bureau se fait progressivement. Mais pas dans n'importe quelles conditions ! Désinfection, masques, réorganisation des bureaux… toute la panoplie est de rigueur.

La pandémie du Covid-19 a éclairé sous un nouveau jour les devoirs de l'employeur vis-à-vis de ses salariés. En effet, jamais l'article L. 4121-1 du Code du travail n'a imposé autant de contraintes aux entreprises ! Ce texte dispose ainsi qu'un patron se doit de prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs », ce qui passe par des actions de prévention, d'information, de formation mais aussi par la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. Le tout en veillant à l'adaptation de ces dispositions « pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes ».

Un protocole national

Devoir impérieux mais évolutif, la protection de la santé et de la sécurité du personnel est un véritable casse-tête pour les chefs d'entreprise depuis le début de la crise sanitaire. Alors que certains secteurs, comme celui de la grande distribution, ont adopté le port du masque, des gants et du gel hydroalcoolique depuis plusieurs mois pour pouvoir poursuivre leur activité, beaucoup d'autres, qui étaient à l'arrêt ou avaient opté pour le travail à distance, doivent désormais prendre le pli pour un retour progressif à la normale. Et c'est loin d'être une mince affaire !
Pour les accompagner, le ministère du Travail a publié le 8 mai un « Protocole national de déconfinement pour les entreprises » qui vient compléter les fiches conseils et guides métiers élaborés pour chaque branche. Or, bien que ce fascicule ne soit ni contraignant ni assorti de sanctions directes, les entreprises ont tout intérêt à s'en inspirer si elles ne veulent pas voir leur responsabilité juridique engagée. D'un point de vue légal, l'essentiel est en effet de démontrer que tout a été mis en œuvre pour protéger les salariés. C'est pourquoi ces mesures sanitaires doivent être prises en collaboration avec le comité social et économique (CSE).

La protection en pratique

En tête de liste, le télétravail doit devenir la règle, et non plus l'exception, dès lors qu'il est possible. À défaut, le retour au bureau des salariés doit se faire dans un cadre aménagé : horaires décalés, dédoublement des équipes, mise en place d'écrans de séparation, espacement des postes de travail, désinfection fréquente des surfaces... tout doit être fait pour appliquer les gestes barrières. Les masques sont quant à eux limités aux situations dans lesquelles la distanciation physique n'est pas possible.
Mais attention, le gouvernement a fixé une « jauge » temporaire visant à limiter le nombre de personnes dans les pièces. Il faut en effet respecter un espace de 4 m2 minimum par employé. À titre d'exemple, un open space de 700 m2 accueillant habituellement 50 bureaux, ne peut recevoir pour le moment que 33 personnes, ce qui implique de mettre en place un roulement des salariés présents sur le site et un plan de circulation.
En revanche, bien que l'État souhaite généraliser les tests de dépistage virologique, les campagnes systématiques organisées par les employeurs pour leurs salariés sont interdites ! Un patron est cependant en droit d'inciter un agent symptomatique à ne pas se rendre sur son lieu de travail ou à le quitter immédiatement. Il peut faire appel à un médecin du travail le cas échéant.
Bon à savoir : diverses initiatives visent à garantir la bonne mise en place des mesures de protection sanitaire. Alors qu'Isokan Formation propose par exemple un apprentissage en e-learning pour créer un « référent Covid-19 » au sein des entreprises, le groupe Apave a lancé son label « Safe & Clean » afin de rassurer les clients des établissements recevant du public.

Des employés dans le flou

Le retour à la normale est pour l'instant aussi flou que stressant, à en croire un sondage réalisé début mai par Deskeo auprès de quelque 2 800 professionnels. Quelque 79 % des travailleurs sont inquiets à l'idée de retourner au bureau, tandis que 31 % ne veulent pas porter de masque sur leur lieu de travail.
D'autre part, le développement massif du télétravail laissera sans doute des traces. Bien que 22 % des sondés aient hâte de revenir complètement dans les locaux de leur entreprise, un répondant sur deux aimerait continuer à travailler à domicile la majorité du temps, jusqu'à ce que la situation soit totalement sous contrôle. Et même après la fin de cette épidémie, 70 % des personnes interrogées souhaiteraient télétravailler régulièrement, à un rythme d'une à deux demi-journées par semaine.

Julie Polizzi
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