Outil précieux de découverte professionnelle et de formation, le stage en entreprise permet aux étudiants de s'immerger et d'apprendre sur le terrain. Mais encore faut-il le réaliser dans de bonnes conditions. Petit rappel des règles à respecter.
Lorsque vous imaginez un stage en entreprise, c'est l'image du jeune cantonné aux petites tâches, à la photocopieuse ou au service du café qui vous vient à l'esprit ? Ces situations sont heureusement devenues marginales depuis que l'État a encadré plus strictement ce contrat en 2014. On passe en revue le cadre de cette expérience.
À quelles conditions un étudiant peut-il effectuer un stage ?
Pour pouvoir découvrir le terrain, les étudiants doivent en passer par une convention de stage signée par l'établissement dans lequel ils étudient ainsi que par leur entreprise d'accueil. C'est ce document qui permet de poser toutes les conditions de cette expérience : son but, son lieu, les horaires de travail, la mission qui sera confiée et la rémunération éventuelle. Il précise le règlement à suivre pour le stagiaire et sert de référence en cas de malentendu avec l'employeur.
Quelles missions peuvent-être confiées au stagiaire ?
Un stagiaire n'est pas là pour faire n'importe quoi et encore moins corvéable à merci ! Son stage doit en effet avoir un but pédagogique en rapport avec son cursus, l'objectif étant d'acquérir des compétences professionnelles liées à sa formation. Dès lors, les missions confiées doivent être conformes à ce projet. De plus, le stagiaire n'a pas vocation à être la variable d'ajustement des entreprises : il ne doit en aucun cas effectuer des tâches correspondant au poste d'un salarié absent ou à un emploi saisonnier ! En outre, un tuteur devra encadrer l'étudiant durant toute la durée de cette expérience. À l'issue de cette immersion professionnelle, une attestation de stage lui sera enfin remise.
Quelles sont les modalités en entreprise ?
La loi impose diverses limitations aux employeurs, afin d'éviter tout abus. Ainsi, un quota de stagiaires est déterminé en fonction de la taille des entreprises : 3 stagiaires en dessous de 20 salariés et 15 % de l'effectif au-delà de ce seuil. Si la durée du stage doit évidemment s'accorder avec le cursus de l'étudiant, elle ne peut pas excéder 6 mois maximum (soit 924 heures de présence effective) par organisme d'accueil et par année d'enseignement. Attention, un délai de carence obligatoire doit s'appliquer entre 2 stages réalisés au même poste : il correspond à un tiers de la durée du stage précédent. Un récent arrêt du 7 janvier 2026 de la Cour de cassation a d'ailleurs rappelé à l'ordre une entreprise sur ce point : en cas de non-respect de cette règle, le stagiaire est alors en droit de demander sa requalification de conventions de stage en contrat de travail ! De même, si le jeune est embauché par la même entreprise dans les 3 mois qui suivent, la durée de son stage devra être déduite de sa période d'essai et prise en compte pour le calcul des droits liés à l'ancienneté.
Quels sont les droits du stagiaire ?
Un stagiaire bénéficie de droits identiques à ceux des salariés de l'entreprise d'accueil concernant le temps de travail, le repos hebdomadaire, les jours fériés, l'accès au restaurant de la société ou encore le remboursement des frais de transport en commun et autres activités sociales et culturelles proposées par le comité social et économique.
Dès lors que cette expérience professionnelle dure plus de 2 mois, elle donne droit à la validation d'un trimestre d'assurance pour la retraite, permet de prendre des congés et s'accompagne d'une rémunération appelée gratification. En 2026, le taux horaire minimum légal est de 4,50 € (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale), mais il peut être supérieur dans certaines branches.
Bon à savoir : le portail officiel Entreprendre.service-public.gouv.fr propose un simulateur pour évaluer le montant de cette gratification.


