Jardin

<br />Planter des plants greffés

Afin de tirer au mieux parti de son (tout) petit potager, Mme H. préfère payer un peu plus cher des plants de légumes greffés dont la production sera bien supérieure à celle des plants de légumes traditionnels.

La tête et les jambes

Les légumes greffés, essentiellement les tomates, aubergines et poivrons, sont composés d'un pied, appelé le porte-greffe, sur lequel est « soudé » le greffon, c'est-à-dire la tige de la variété du légume que l'on souhaite cultiver. Le premier est généralement issu d'une espèce de tomate sauvage (Lycoperson pimpinellifolium dit « petit moineau ») ou hybride F1 (Brigeor, Arnold, Capital...) qui développe naturellement un système racinaire dense et conquérant, permettant une distribution de sève très importante. En lui associant une variété aux belles qualités gustatives mais peu productives, on croise les avantages de chaque plante. Ce mariage est rendu possible par l'appartenance de tous ces légumes à la même famille végétale des solanacées.

Délicate mise au point

Les jardiniers expérimentés et bien équipés peuvent produire eux-mêmes leurs plants greffés en procédant dès la fin du mois de février à des doubles semis (greffon et porte-greffe) à chaud. Mais l'opération de greffage requiert une place, une organisation, une maîtrise du geste et un suivi méticuleux, notamment de l'humidité de l'air, qui n'est pas à la portée de tout le monde. Bref, Mme H. préfère acheter ses plants dans le commerce.

Une production démultipliée

Évidemment, les plants greffés, qui ont nécessité de la main-d'œuvre pour leur élaboration, ont un coût supérieur de cinq à six fois celui des plants traditionnels, soit environ cinq à sept euros. Mais les récoltes sont très nettement supérieures et justifient, dans les jardins où il n'est pas possible de planter beaucoup de légumes, ce surcoût. Les pieds de tomates, d'aubergines et de poivrons ainsi greffés sont si vigoureux qu'il convient d'en canaliser la vigueur en les faisant partir sur deux à trois tiges principales, voire plus, plutôt qu'une seule habituellement.

Benoit Charbonneau
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