Le mois d'avril est souvent le temps d'un décompte morbide : celui des plantes qui n'ont définitivement pas passé l'hiver, révélant autant de trous qu'il faudra bien combler. Une solution, temporaire mais pleine de surprises, consiste à semer des fleurs annuelles à croissance rapide pour occuper l'espace. Nouvelles couleurs et nouvelles silhouettes, le temps d'une saison.
Tout est une question de point de vue… Une plante morte durant l'hiver, aussi superbe qu'elle ait pu être, n'est pas une catastrophe : c'est une opportunité. Une invitation au changement entre imperceptible variation et chambardement cathartique, remaniement subtil et métamorphose heureuse. C'est la palinodie pour tous !
À toute berzingue !
Les fleurs annuelles à croissance rapide permettent, en l'espace de quelques semaines et à partir d'un semis tardif en place, d'occuper un espace laissé vacant. Non seulement elles bouchent un trou à vil prix, mais elles ouvrent aussi des perspectives faites de couleurs et de formes de fleurs nouvelles, de feuillages et de ports différents. Elles laissent en outre le temps de la réflexion pour les plantations définitives à venir, plus pérennes mais plus onéreuses à l'achat et qu'il sera sans doute plus judicieux de planter à l'automne.
Mettez le paquet
Il est étonnant de constater que pour chacun des plans du massif, pour chaque utilisation, il y a une fleur annuelle correspondante. Mais à chaque fois, les semis en place doivent être efficaces et la levée rapide. Aussi faut-il être intransigeant sur la qualité du sol (un trou rempli de bon terreau) et le suivi de l'arrosage. Un méticuleux semis en poquet de trois à quatre graines en respectant les distances préconisées permet d'éviter l'éclaircissage et la concurrence qui retarde la croissance.
À l'assaut des supports
Les grimpantes annuelles sont généralement des foudres de guerre dont la croissance est fulgurante. Deux espèces bien connues se distinguent pour habiller au pied levé un pan de mur dénudé : l'ipomée et la capucine grimpante. Les deux sont volubiles et nécessitent donc un support autour duquel s'enrouler. La première, plus exubérante, peut prendre cinq à six mètres dans la saison en situation favorable !
À chacune sa place dans les massifs
Il y a, dans les massifs, des fleurs annuelles pour tous les étages. Au premier rang, le long des bordures, les espèces naines de 20 à 30 cm de hauteur : zinnia nain, cosmos nain, et les indétrônables œillets d'Inde (Tagetes patula). À mi-hauteur, et donc en second plan, cosmos (Cosmos bipinnatus) et zinnia (Zinnia elegans) en version standard forment un duo florifère complémentaire. Le tout dans une variété de couleurs surprenante qui dure de la fin juin jusqu'aux premières gelées. Enfin, en fond de massif, là où il faut être grand pour se faire remarquer, vous pouvez compter sur le tournesol (Helianthus annuus) et l'amarante (Amaranthus caudatus), qui culminent à deux mètres et plus avec, dans les deux cas, des fleurs spectaculaires.
De la graine au buisson
Aucune annuelle n'égale le ricin (Ricinus communis) pour l'impact architectural : bien que frileux, il pousse vite et bien, jusqu'à former en fin de saison un buisson de 1,50 m en tous sens, aux feuilles palmées monumentales et le plus souvent pourpres. Mais attention : ses fruits en capsule d'un rose éclatant, forment de curieux bonbons... toxiques !


