Pas de panique, si votre pommier jonche le sol de petits fruits verts vers la fin du mois de juin, il ne dépérit pas, il fait le ménage !
Les arbres fruitiers ne subissent pas les aléas de la fécondation sans réagir. Sitôt la floraison terminée, les fleurs non fécondées, faute d'insectes pollinisateurs, de mauvais temps ou d'un manque de variétés compatibles, tombent discrètement, sans laisser de trace parmi les pétales qui jonchent le sol : c'est la chute de nouaison. Seules les fleurs correctement fécondées se transforment en jeunes fruits : c'est la nouaison.
Petit audit interne
Quelques semaines plus tard, entre la mi-juin et la mi-juillet, une deuxième vague de chute intervient, mais cette fois elle concerne des petits fruits immatures, de 10 à 20 mm de diamètre. C'est que le pommier, comme de nombreux autres arbres fruitiers, produit naturellement bien plus de fleurs qu'il ne peut mener de fruits à maturité. Après la nouaison, il évalue donc ses ressources : sucres produits par la photosynthèse, ensoleillement, températures, sécheresse… Si le bilan est mauvais, il abandonne les fruits les moins bien alimentés en sucres. C'est une régulation énergétique froide et implacable, mais nécessaire à sa survie.
Le jardinier éclairé… éclaircit !
Mais la nature ne va pas toujours assez loin au vu des exigences du jardinier. Si après la chute physiologique il reste encore trop de fruits, cela peut réduire sensiblement leur calibre. Vous pouvez alors prendre le relais avec l'éclaircissage manuel : supprimez les fruits en surnombre en les faisant tourner sur eux-mêmes jusqu'à la rupture du pédoncule. Idéalement, il ne faut conserver qu'un ou deux fruits centraux par bouquet floral. Mais attention, cela implique d'anticiper leur grossissement car il ne faut pas qu'ils se touchent lorsqu'ils arriveront à maturité. Sans cette opération manuelle, un arbre trop chargé risque de s'épuiser au point de peu ou mal fleurir l'année suivante. C'est ce qu'on appelle le phénomène d'alternance.


