Les cistes n'aiment guère qu'on les rabatte sur le vieux bois car ils ont alors du mal à repartir. Autant dire que pour eux, un recépage est souvent synonyme de condamnation à mort. Erreur fatale !
Comme la lavande ou la santoline, les cistes, qu'ils soient albidus, creticus, argenteus, salviifolius (et j'en passe…), font partie de ces plantes pionnières méditerranéennes qui ne sont pas programmées pour rajeunir. Elles poussent vite et fort, sans regarder en arrière, et ne sont pas capables de se régénérer à partir d'un recépage, c'est-à-dire d'un rabattage au ras du sol. Comme les conifères, ces plantes produisent difficilement de nouvelles pousses à travers le « vieux bois ».
Hiver à haut risque
Il n'est pourtant pas rare que les cistes, qui n'apprécient pas de passer les hivers humides dans un sol compacté, parviennent au printemps dans un état lamentable : feuillage jauni ou tombé, port prostré, branches mortes… Si la taille des rameaux desséchés ne pose pas de problème, et s'impose d'ailleurs d'elle-même, pour le reste, il vaut mieux laisser la plante reprendre du poil de la bête. On avisera, un peu plus tard, (tiens donc, en avril par exemple !) jusqu'où il est nécessaire de rabattre.
Il est urgent d'attendre
Car l'ironie cruelle, c'est que le jaunissement hivernal d'un ciste n'est souvent qu'un stress passager. Laissé tranquille, il repart fréquemment de lui-même au cours du printemps. La taille sévère, entreprise avec les meilleures intentions du monde, est précisément ce qui transforme un convalescent en condamné.
La taille ne peut pas tout
Malgré tout, si des tailles drastiques sont à envisager, il faut à tout prix essayer de « rester dans le vert » en laissant, sous le point de coupe, quelques feuilles qui feront office de tire-sève. De manière générale, retenez qu'il vaut mieux changer un ciste qui paraît trop fatigué ou malade, plutôt que d'essayer de le rattraper par des tailles qui n'en finissent pas de descendre à mesure que la plante périclite.


