Les toiles de paillage en jute, dont le destin est de se décomposer, n'intéressent que ceux qui ont la conscience écologique chevillée au corps. Heureusement, il y en a !
La toile de paillage biodégradable est un feutre épais non tissé fabriqué à partir de fibres végétales : jute, chanvre, lin, sisal, parfois en mélange. Déroulée sur le sol et fixée par des agrafes ou enfouie en bordure, elle bloque la lumière et donc les adventices, retient l'humidité et limite le compactage du sol. Jusque-là, rien de très différent d'une toile synthétique. La vraie différence, c'est sa fin de vie : au fil des années, elle finit par se décomposer naturellement en humus, nourrissant le sol au lieu de le polluer. Le grammage, qui varie selon les matières de 450 g à 1 200 g/m², influence directement la durée de vie, de dix-huit à trente-six mois selon les conditions climatiques.
Deux usages en fond de toile
Ce type de toile excelle dans deux cas précis : la création d'un massif d'arbrisseaux et d'arbustes bas persistants (phlomis, romarin, cistes, myrte, lentisque…) et la stabilisation des talus. Posée à la plantation, elle protège le sol durant les deux ou trois premières saisons, le temps que les végétaux se développent et ferment le couvert, assurant ainsi eux-mêmes l'occultation du sol, comme une mini-forêt. Une fois sa mission accomplie, elle disparaît discrètement, sans qu'il soit nécessaire de la retirer. Sur les talus friables, elle stoppe l'érosion, le temps que les végétaux, par leur système racinaire, assurent la retenue du substrat.
L'avis du pro
Ces toiles impliquent une sérieuse stratégie d'occupation du sol à long terme, qui requiert quelques notions de paysagisme. En revanche, elles n'ont aucun impact écologique négatif, à l'inverse des géotextiles et des toiles hors sol synthétiques. Pour aller encore plus loin dans ce sens, choisissez du chanvre 100 % français, sans film support en polypropylène et sans adjuvant, certifié agriculture biologique. Lisez l'étiquette !


