Véritable travail de Sisyphe (on exagère à peine), le nettoyage des joints d'une salle de bains est une tâche perpétuelle. À moins que ces derniers ne s'effacent ingénieusement, dans une salle d'eau plus moderne et bien plus apaisante…
Dotée de raccords invisibles, la salle de bains sans joint est une tendance qui monte, à raison : aussi esthétique que fonctionnelle, elle séduit par son minimalisme et son entretien facilité. Soumis à des contraintes d'imperméabilité, ce genre de salle d'eau nécessite toutefois des matériaux spécifiques et une certaine maîtrise technique, ce qui peut vite faire grimper son coût, en construction comme en rénovation. On se penche plus avant sur les avantages de ce projet et les diverses manières de le réaliser.
De nombreux avantages
Esthétiquement, les atouts de la salle de bains sans joint sautent aux yeux. Son aspect homogène offre une sensation d'espace, agréable sur une petite comme une grande surface. Le rendu varie bien sûr en fonction du revêtement choisi qui, selon la matière et le coloris, peut créer une ambiance façon cocon luxueux, rapprochant la salle d'eau d'une véritable expérience spa. Il s'agit également d'une solution hygiénique : les surfaces uniformes sont en effet moins compliquées à entretenir et beaucoup moins sujettes aux moisissures, qui croissent parfois si vite autour des joints d'un carrelage ! De plus, alors que les carreaux se marient davantage aux lignes droites, les revêtements lisses peuvent plus facilement suivre des plans courbes sans cassure, créer des niches ou encore intégrer de manière naturelle les éléments essentiels (douche, baignoire, vasque) dans une logique organique.
On enduit...
Le béton ciré (ou microciment) est l'un des revêtements les plus fréquemment utilisés pour parvenir à cette continuité. Très pratique et personnalisable grâce aux pigments, il peut par ailleurs être appliqué directement sur des carreaux existants moyennant une certaine préparation de la surface. À noter cependant qu'il n'est pas étanche par défaut et doit être traité avec un vernis spécifique ! À l'inverse, le tadelakt, un enduit traditionnel marocain, s'avère naturellement hydrofuge et antifongique. Variant du soyeux au brillant, son rendu tout en douceur apporte aux pièces d'eau une certaine volupté. Même chose pour le chukum, un revêtement millénaire originaire du Mexique, dont le fini chaleureux est lui aussi imperméable.
Ou on pare !
Il est également possible d'opter pour des résines synthétiques, très robustes mais aussi moins écologiques et souvent moins esthétiques. Confectionnés sur mesure ou non, les panneaux décoratifs se déclinent quant à eux à travers une grande variété de rendus (verre, acrylique ou aluminium) et séduisent par leur facilité d'installation. Les carreaux XXL, de type grès cérame, marbre ou travertin, constituent enfin une option particulièrement élégante. Mais en l'occurrence, même s'ils sont moins nombreux, il y a toujours des joints !
Un coût variable
L'enveloppe à réserver va dépendre de plusieurs facteurs, à commencer par le type de matériau choisi. Alors que la pose d'un carrelage classique requiert souvent l'intervention d'un professionnel, celle-ci s'avère quasiment indispensable si l'on a recours à des dalles grand format. Les raccords et les joints doivent être réalisés avec une grande précision pour devenir presque invisibles, tandis qu'il faut impérativement travailler sur une surface plate. Même chose pour le tadelakt, dont la technique très particulière demande la maîtrise d'un artisan spécialisé pour un rendu optimal. Ce qui alourdit nécessairement la facture… Globalement, la plupart de ces options sont plus onéreuses que le carrelage. Il faut aussi prendre en compte qu'il est facile de remplacer un petit carreau cassé, tandis que les dommages apparaissant sur les murs ou sols sans joint demandent en général des réparations plus importantes. Au quotidien cependant, ce type de salle d'eau offre un vrai gain de temps. Et le temps… c'est de l'argent !


