Binance, la mystérieuse plaque tournante des cryptomonnaies - Minizap Chambery
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Binance, la mystérieuse plaque tournante des cryptomonnaies

Créée en 2017 par l'homme d'affaires chinois Zhao Changpeng, Binance est devenue, en quelques années, la plus importante plateforme d'échanges de cryptomonnaies de la planète. Sans siège social et sans accréditation réglementaire, l'entreprise cherche aujourd'hui à rentrer dans le rang et envisage de trouver refuge en France.

Zhao Changpeng est un homme discret. Né en 1977 dans la province de Jiangsu dans l'est de la Chine, il s'est installé très jeune, avec sa famille, à Vancouver (Canada). Son père était enseignant en Chine avant d'être déclaré « intellect pro-bourgeois » et condamné à l'exil. Sa passion pour l'informatique lui ouvre les portes de l'université de McGill de Montréal où il décroche un diplôme en sciences de l'informatique. C'est en 2013, lors d'une partie de poker avec des amis, qu'il entend parler du Bitcoin, la reine des cryptomonnaies déjà très en vogue chez les geeks du monde entier. À l'époque plus qu'aujourd'hui, l'univers des monnaies numériques décentralisées est un véritable Far West. Les plateformes d'échanges sont excessivement rares et les scandales incessants. Zhao Changpeng a alors une idée : créer une plateforme sûre pour ce marché naissant.

Ascension fulgurante

C'est ainsi qu'est née, en 2017, Binance. Le timing est parfait. Le bitcoin connaît alors son premier grand rallye, atteignant 20 000 dollars, et le grand public, ainsi que les investisseurs traditionnels, commencent sérieusement à s'intéresser aux cryptomonnaies. De nombreux actifs alternatifs, comme l'Ethereum, sortent de l'ombre. Binance arrive au bond moment et capte la majorité des utilisateurs. Quatre ans plus tard, la plateforme représente 70 % du marché, enregistrant pour près de 80 milliards de dollars de transactions par jour, soit plus que l'ensemble de ses concurrents réunis. Alors que Binance reste une société non cotée, sa valeur est aujourd'hui estimée à plus de 300 milliards de dollars, faisant de Zhao Changpeng un homme immensément riche. Ce succès fulgurant n'est pas du goût des autorités. Binance est dans le radar des régulateurs du monde entier. Il faut dire que le fonctionnement même de l'entreprise demeure obscur : installée en Chine lors de sa fondation, puis contrainte à la migration au Japon après le durcissement des règles du jeu par Pékin, l'entreprise n'a aujourd'hui plus de siège social. Ses quelque 3 000 employés travaillent à distance, tout autour du globe. Sa maison-mère, Binance Holdings, est immatriculée… aux îles Caïman. Aucune accréditation n'a été décernée à Binance dans les pays où la plateforme exerce. Le fait que l'entreprise ne soit domiciliée nulle part prend de court les autorités mondiales qui peinent à trouver un régulateur compétent. La SEC, le service américain chargé de la surveillance des acteurs financiers, a pris les choses en main. Binance.US a été créé pour se mettre en conformité avec les lois américaines, mais le responsable nommé en mai dernier a déjà démissionné. Consciente que sa situation nébuleuse peut mettre son activité en péril, la plateforme tente de rentrer dans le rang. Ses utilisateurs, par exemple, sont désormais contraints de justifier de leur identité lors de la création d'un compte Binance. Zhao Changpeng cherche également un pays où installer son siège social. Refroidi par les autorités anglaises, l'homme d'affaires est aujourd'hui en discussion avec la France. « Dès que ce sera possible, la France sera un choix naturel pour un siège social régional, et même peut-être mondial » a-t-il déclaré lors d'une interview aux Échos. Les gages de bonne volonté sont nombreux. Binance a décidé d'investir 100 millions d'euros dans l'Hexagone pour y développer son activité, recruter les talents français et faire du mécénat. Une donation pour la reconstruction de Notre-Dame a été faite, et un accord pour un don de 2 millions d'euros pour la restauration du salon de l'œil-de-bœuf au château de Versailles vient d'être signé. Des actes intéressés, certes, mais qui témoignent de la volonté de normalisation de l'entreprise reine d'un secteur qui reste, lui, hors norme.

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