Contenus IA, les trois icônes qu'il faut apprendre à repérer - Minizap Chambery
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Contenus IA, les trois icônes qu'il faut apprendre à repérer

Depuis le 2 août 2026, chatbots, deepfakes et textes générés par l'IA doivent se signaler. L'Europe fournit trois icônes, interdit neuf pratiques et brandit de lourdes amendes. Comment repérer ces étiquettes, où elles apparaissent, à qui s'adresser en France.

Près d'un Français sur deux utilise l'intelligence artificielle générative, selon le Baromètre du numérique du Crédoc pour l'Arcep et l'Arcom, et tout le monde en voit passer les images. Dans un test de l'Ifop pour le site Alucare, 94 % des participants ont pris pour authentique au moins une photo fabriquée par une IA, alors qu'un tiers seulement se disait capable de faire la différence. Neuf sondés sur dix réclamaient une mention signalant l'origine artificielle. C'est chose faite depuis le 2 août 2026 : les règles de transparence du règlement européen sur l'IA s'appliquent, sous l'œil du Bureau européen de l'IA, avec une signalétique officielle que chacun va croiser, sur un fil d'actualité comme face à un robot conversationnel.

Trois icônes à mémoriser

L'Union européenne a dessiné trois pictogrammes, libres de droits et testés auprès du public. Le sigle « AI » seul indique qu'une intelligence artificielle est intervenue, par exemple sur les voix d'une vidéo. « AI generated » signale un contenu entièrement produit par la machine, sans création ni contrôle humain au-delà de la consigne : faux discours d'un responsable politique, musique composée de A à Z, résumé d'actualité automatique. « AI modified » marque un contenu humain partiellement transformé, comme un visage remplacé sur une vraie photo ou un appartement vide meublé numériquement. L'étiquette doit être visible dès la première exposition et survivre au partage ou au téléchargement, pour l'image, le son, la vidéo comme le texte.

Où elles apparaissent

L'obligation vise d'abord les deepfakes, images, sons ou vidéos imitant des personnes ou des événements réels, et les textes d'intérêt général publiés sans relecture humaine. Les œuvres clairement artistiques ou satiriques s'en tirent avec une mention discrète. Chatbots, agents et avatars doivent dire qu'ils ne sont pas humains. Sur les réseaux sociaux, la mécanique est en place : TikTok dit avoir étiqueté plus de 3 milliards de contenus, Meta affiche son label « AI Info », YouTube fait cocher une case « contenu modifié ou synthétique » à la mise en ligne, Google marque ses images avec SynthID. Près de 190 organisations, dont Google, Meta, Microsoft, OpenAI et Mistral, ont signé le code de bonnes pratiques. Les icônes restent facultatives, pas l'étiquetage.

Neuf pratiques interdites

Le règlement bannit aussi neuf usages, étiquette ou pas : la manipulation trompeuse, l'exploitation de l'âge, d'un handicap ou de la précarité, la notation sociale des citoyens, la prédiction d'un crime sur le seul profil d'une personne, la reconnaissance faciale nourrie en aspirant les photos du web. Les caméras qui lisent les émotions sont proscrites au bureau et à l'école, tout comme la catégorisation biométrique déduisant la religion ou l'orientation sexuelle, et l'identification faciale en temps réel dans la rue, sauf exceptions policières. À partir du 2 décembre 2026, les applications de « déshabillage » et les générateurs d'images intimes non consenties rejoignent la liste. Les IA à haut risque, santé ou recrutement, attendront le 2 décembre 2027.

Qui contrôle, où signaler ?

Les amendes vont jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial, 750 000 euros pour une institution européenne, modulées pour les PME. Le Bureau de l'IA surveille les grands modèles, des autorités nationales le reste. En France, la DGCCRF est annoncée à Bruxelles comme point de contact unique, en attendant la loi d'adaptation discutée au Parlement, qui l'associera à l'Arcom pour les contenus et les chatbots et à la CNIL pour la biométrie et la plupart des interdictions. D'ici là, un deepfake intime ou une arnaque se signalent sur la plateforme Pharos, un abus de données personnelles à la CNIL, une publicité trompeuse via SignalConso. Toute personne peut saisir une autorité de surveillance : l'Europe compte sur ces signalements pour faire vivre le texte.

City Presse
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