La valse des rachats se poursuit dans le jeu vidéo - Minizap Chambery
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La valse des rachats se poursuit dans le jeu vidéo

Nouveau coup de tonnerre dans l'industrie du jeu vidéo : le mastodonte suédois Embracer, qui comprend notamment le studio Gearbox (Borderlands), vient de racheter les filiales américaines de l'éditeur historique Square Enix, à l'origine notamment de l'emblématique Tomb Raider, pour 300 millions de dollars. Malgré le montant peu élevé de l'opération par rapport aux standards imposés ces derniers mois, ce rachat s'inscrit dans la vague de rapprochements qui touche aujourd'hui le secteur.

Le groupe suédois Embracer vient d'annoncer qu'il avait bien l'intention d'emboîter son pas dans celui de Microsoft ou de Take-Two Interactive, et de sortir le carnet de chèques. Ce sont près de 300 millions de dollars (284 millions d'euros) qu'est prêt à débourser le mastodonte nordique afin de faire l'acquisition des studios américains de l'éditeur historique japonais Square Enix. Ce rachat sera effectif dès le troisième trimestre 2022 et permettra à Embracer d'entrer dans la cour des très grands. Le groupe suédois est déjà une place forte de l'industrie, comptant des dizaines de studios à travers le monde, dont Gearbox, à qui l'on doit l'incontournable saga Borderlands, 4A Games et son Metro Exodus, Volition (Saint Row), Saber Interactive (World War Z), Gunfire Games (Darksiders) ou encore Flying Wild Hog (Shadow Warrior). Embracer détient aussi le joyau français du jeu de société, Asmodee, racheté au prix fort (3 milliards d'euros) en fin d'année dernière. Possédant des licences solides et porté par une dynamic vertueuse (19 % de croissance fin 2021), le géant suédois avait toutefois toutes les peines à rejoindre le cercle fermé des plus grands noms de l'industrie (EA, Ubisoft, Activision Blizzard, Microsoft, etc.) dans l'inconscient collectif du jeu vidéo. Avec ce rachat, Embracer devient incontournable.

Des licences historiques

L'opération porte sur les trois divisions nord-américaines de Square Enix. Certes, les titres les plus prestigieux, comme le légendaire Final Fantasy, restent dans les propriétés de l'éditeur japonais, enseigne culte du jeu vidéo depuis sa création en 2003, mais des marques phares passent dans le giron du royaume suédois. C'est le cas de Square Enix Montréal, un studio fondé en 2011 spécialisé dans le jeu mobile (Hitman Go, Lara Croft Go et Deus Ex Go), mais, surtout, de deux studios historiques : le californien Crystal Dynamics et le canadien Eidos Montréal. Le premier a réalisé ses premiers faits d'armes en 1992 avec Gex, un jeu de plateforme sur la 3DO, très en avance graphiquement sur son temps. L'écurie rejoint Eidos Interactive en 1998 et marque l'histoire du jeu vidéo avec son immortelle série Legacy of Kain. En 2006, Crystal Dynamics se voit confier la renaissance d'une autre saga culte, Tomb Raider, le premier grand jeu vidéo d'aventure et de plateforme en 3D, qui a lancé un personnage emblématique, la plantureuse aventurière Lara Croft. De son côté, Eidos Montreal, fondé en 2007, détient également des licences stars, comme Deus Ex, jeu de rôle d'anticipation qui a marqué des générations de joueurs, ou le récent Guardians of the Galaxy, très bien accueilli par la critique. Au total, c'est une cinquantaine de jeux qu'acquiert Embracer. Le groupe suédois accueille aussi plus d'un millier de nouveaux employés.

Un coup de force

Un coup de force donc, dont le faible montant fait réagir. En effet, ces derniers mois ont été marqués par une vague de rachats sans précédent dans l'industrie du jeu vidéo. Take-Two Interactive a en effet racheté Zynga (spécialiste du jeu mobile) pour 12,7 milliards de dollars, Sony a fait main basse sur Bungie (Halo) pour 3,6 milliards de dollars et, surtout, Microsoft a fait exploser les compteurs avec la prise de Zenimax Media (Skyrim, Doom, etc.) et d'Activision Blizzard (Warcraft, Call of Duty, etc.) pour respectivement 8,1 milliards et 68,7 milliards de dollars ! Même Embracer avait, en 2020, déboursé 525 millions de dollars pour l'acquisition de Saber Interactive, un studio au maigre CV spécialisé dans le portage de jeux sur différentes plateformes. Embracer réussit là une très bonne opération.

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© Crystal Dynamics
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