Parfois considérés comme une explication à la mode pour justifier des comportements atypiques, les troubles neurodéveloppementaux diagnostiqués comme tels ont pourtant un fort retentissement sur le bien-être et la vie quotidienne des personnes atteintes et nécessitent un accompagnement adapté.
Inattentif, impulsif, agité, hyperactif… qui n'a jamais entendu autour de soi ou sur les réseaux sociaux qu'une personne avait un trouble du déficit de l'attention (TDA/ TDA-H) du fait de ses comportements en décalage avec ce qui serait normalement attendu ? Nombreux semblent être les enfants et les adultes atteints de troubles neurodéveloppementaux ou de profils cognitifs atypiques. Dégainés à tort et à travers, ces termes perdent parfois en crédibilité, quand bien même se cachent de réelles difficultés pour les individus concernés. Alors, simple effet de mode ou meilleure prise de conscience des neurodivergences ?
La diversité cognitive
Médiatisés et vulgarisés ces dernières années, notamment sur les réseaux sociaux, les troubles neurodéveloppementaux, jusqu'alors assez invisibles, font désormais l'objet d'une forte mise en lumière. Cette classification englobe le trouble du spectre de l'autisme (TSA), celui du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/TDA-H) ou encore ceux des apprentissages (les « dys »). Les personnes atteintes pensent, communiquent, apprennent ou agissent d'une manière qui ne correspond pas aux normes sociales dominantes, ce qui a des répercussions sur leur quotidien. Plutôt que de considérer ces situations comme une défaillance, le concept de neurodiversité valorise cette diversité cognitive comme des variations naturelles du fonctionnement du cerveau des êtres humains.
Des termes à la mode ?
L'utilisation à outrance de ces termes est parfois critiquée, jugée comme une fausse explication à la mode, voire une tendance à médicaliser ou pathologiser des difficultés, des comportements ou des traits de personnalité. Le jeu des algorithmes et des vidéos courtes amplifie le phénomène, pouvant conduire à de l'autodiagnostic – alors qu'il devrait être établi par un professionnel de la santé – ou à une vision erronée ou simplifiée de ces atypicités de fonctionnement. Des personnes se sentant en décalage ou différentes de la masse seraient alors en quête d'une étiquette pour expliquer leurs maux.
Une évolution sociétale
Cependant, prendre conscience de l'existence de ces troubles est essentiel pour les déstigmatiser, mettre à mal les préjugés, mieux être entendu et diagnostiqué et in fine obtenir une aide médicale ou des aménagements et accompagnements adaptés. D'ailleurs, la hausse des diagnostics neurocognitifs pourrait s'expliquer de nombreuses autres manières au-delà du seul effet de mode.
« Les connaissances scientifiques progressent, les professionnels sont davantage sensibilisés, les critères diagnostiques évoluent […] et les personnes concernées disposent aujourd'hui d'un accès beaucoup plus important à l'information », indique en effet un communiqué de l'association Neurodivergence. Évolution des attentes et des exigences scolaires, sociales et professionnelles, transformation et digitalisation des modes de vie… diverses raisons peuvent également contribuer à « rendre certaines difficultés plus visibles qu'elles ne l'étaient auparavant », peut-on y lire. C'est peut-être aussi la manifestation d'un manque d'inclusivité et d'une société inadaptée à la diversité des individus…


