Lorsque des impuretés viennent nous gêner au niveau du nez notamment, un mécanisme de défense peut se déclencher pour les expulser par une brusque expiration d'air : il s'agit du réflexe de l'éternuement. Dans l'Antiquité, ce mouvement involontaire du corps a fait l'objet d'une interprétation divinatoire et d'une science, la ptarmoscopie. En effet, il était parfois considéré comme « un signe envoyé par les dieux […] qu'il convenait de savoir reconnaître et déchiffrer », rapporte un article de 2013 publié dans la Revue internationale et pluridisciplinaire de religion grecque antique Kernos. Selon les auteurs, sa valeur mantique venait, entre autres, du fait que ce réflexe concernait la tête – la partie sacrée du corps –, était spontané et irrépressible, ne possédait rien d'impur et n'était pas un signe morbide, à l'inverse de la toux. Dans L'Odyssée d'Homère, l'éternuement de Télémaque avait ainsi été perçu par sa mère, Pénélope, comme un heureux présage, celui de la mort de ses prétendants.


