La variole du singe, une zoonose rare - Minizap Chambery
Santé

La variole du singe, une zoonose rare

Alors que plusieurs centaines de cas de monkeypox, ou variole du singe, ont été détectées en Europe et aux États-Unis depuis le début du mois de mai, l'OMS dénonce une « situation inhabituelle », sans être toutefois alarmiste.

Après deux années de pandémie de coronavirus qui ont bouleversé le monde, une nouvelle zoonose virale préoccupe les autorités sanitaires. La variole du singe, dont le virus appartient à la même famille que celui de la variole humaine et qui circule en Afrique centrale et occidentale depuis les années 1970, est désormais présente dans une trentaine de pays d'ordinaire épargnés, notamment sur le continent européen. Un phénomène rare qui demande une surveillance rapprochée, même si les données actuelles semblent plutôt rassurantes pour la communauté scientifique. On fait le point.

Les origines de la maladie

Observée pour la première fois en 1958 sur des macaques dans une animalerie au Danemark, la variole du singe, contrairement à ce que son nom peut laisser supposer, n'est pas transmise par les primates et circule assez peu chez ces animaux. En effet, ses hôtes principaux seraient majoritairement des rongeurs, tels que les rats de Gambie et écureuils. Cette maladie est endémique dans plusieurs pays africains, comme la République démocratique du Congo ou le Nigeria, qui comptabilisent quelques milliers de cas chaque année, principalement dans des régions forestières.
Fait atypique, cette pathologie ne s'était jusqu'à présent jamais déclarée en Occident sans être liée directement à un voyage dans cette zone géographique ou à un contact avec des rongeurs porteurs de l'orthopoxvirus simien. C'est ce qui s'était produit aux États-Unis en 2003 lorsqu'une quarantaine d'enfants avaient été contaminés par des chiens de prairie achetés en animalerie et eux-mêmes infectés par des rongeurs importés du Ghana.

Des symptômes bien identifiés

À la différence du coronavirus, dont les signes cliniques varient grandement d'une personne infectée à l'autre, la variole du singe se manifeste par des symptômes caractéristiques clairement identifiés. Après un temps d'incubation de 6 à 16 jours, le patient contaminé souffre d'abord de violents maux de tête, de douleurs musculaires, de fièvre, d'une inflammation des ganglions lymphatiques, d'une grande fatigue et également parfois de maux de dos. Dans un second temps, des éruptions cutanées de type vésiculaire apparaissent sur le visage, les paumes des mains, la plante des pieds, ainsi que sur les muqueuses (bouches, parties génitales).

Quels sont les risques ?

Si la communauté scientifique appelle à faire preuve de vigilance pour circonscrire la maladie, il n'y a cependant pas d'inquiétude majeure à avoir d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déclaré ne pas redouter de pandémie mondiale. En effet, contrairement au coronavirus, la variole du singe est assez peu contagieuse. La contamination interhumaine ne peut se produire qu'à l'apparition des symptômes et se fait par contact cutané prolongé ou gouttelettes (postillons, crachats) d'après Santé Publique France. Le monkeypox étant un virus à ADN, et non à ARN comme celui du Sars-Cov-2, il est également moins susceptible de muter.
De plus, si les symptômes sont similaires à ceux de la variole classique, ils sont cependant moins sévères. Alors que cette pathologie éradiquée en 1980 présentait un taux de létalité de plus de 30 %, la variole du singe ne tue qu'environ 3 % des personnes infectées, et guérit en général spontanément au bout de deux à trois semaines. Enfin, s'il n'existe pas de vaccin spécifique à cette souche virale, le vaccin de la variole classique serait efficace à 85 % contre cette dernière, un taux jugé satisfaisant par les autorités sanitaires. Par ailleurs, les personnes ayant été vaccinées il y a plus de quarante ans seraient toujours immunisées. Plusieurs traitements antiviraux développés pour soigner la variole ou diminuer ses effets, comme le Tecovirimat ou le Brincidofovir, sont en outre disponibles.
Si plus de 500 cas ont été récemment constatés en Europe, peu de formes graves se sont déclarées et aucun décès n'a ainsi été recensé, grâce à une prise en charge médicale adéquate.

Comment s'en prémunir ?

Pour l'heure, la France n'envisage pas de campagne vaccinale à grande échelle mais mise plutôt sur des actions ciblées. Ainsi, dans l'Hexagone, seules sont actuellement vaccinées quelques personnes cas contact jugées à risque, telles que les proches de certains malades et les professionnels de santé qui les traitent.
Si en Afrique, la plupart des cas sont d'origine zoonotique, c'est-à-dire liés à un contact direct avec un animal porteur via du sang, des lésions cutanées ou la consommation de viande peu cuite, les contaminations en Europe sont principalement des transmissions interhumaines. Comme pour la plupart des maladies contagieuses, les gestes barrières préventifs vont donc considérablement aider à limiter les contaminations. On veille par conséquent à se laver soigneusement les mains et on évite de toucher d'éventuelles plaies.

Lauren Ricard
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