Maltraitance des seniors, savoir repérer les signaux - Minizap Chambery
Santé

Maltraitance des seniors, savoir repérer les signaux

Coups et blessures, insultes et menaces, agressions sexuelles ou escroqueries, de nombreux seniors sont victimes de mauvais traitements à domicile comme en établissements. Divers signaux peuvent vous alerter sur ces cas de maltraitance pour les signaler et les faire cesser.

« Environ une personne âgée de plus de 60 ans sur six a été victime d'une forme de maltraitance dans son environnement familier au cours de l'année écoulée », dévoile l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur son site internet. Ponctuels ou durables, ces mauvais traitements revêtent des formes multiples : psychologique, physique, financière et matérielle, médicale, civique ou même sexuelle. Face à cette situation lourde de conséquences pour des individus déjà fragiles, la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées (WEAAD), le 15 juin, a été mise en place, ainsi qu'une stratégie nationale de lutte contre les maltraitances. Une manière d'attirer l'attention sur un problème protéiforme, d'apprendre à repérer ses manifestations tout en tentant d'y mettre fin.

Des actes divers

Qu'il s'agisse d'un acte unique ou répété, la maltraitance se caractérise par « un geste, une parole, une action ou un défaut d'action » qui compromet ou porte atteinte au développement, aux droits, aux besoins fondamentaux ou à la santé d'une personne en situation de vulnérabilité, explique le site officiel du Gouvernement pour-les-personnes-agees.gouv.fr. L'atteinte en question advient dans une « relation de confiance, de dépendance, de soin ou d'accompagnement ». Ces actes sont intentionnels ou non, alors liés à des négligences par « manque d'information ou de connaissance, de formation [ou] par épuisement », précise le gouvernement.
Concrètement, le senior peut se voir brutaliser psychologiquement, par une dévalorisation de sa personne, des humiliations, des insultes ou des menaces, ou physiquement voire sexuellement, par des soins brutaux, des coups, des agressions ou des viols. Les personnes âgées victimes ne voient pas leurs douleurs prises en charge, sont privées de soins ou de médicaments, font l'objet d'abus de sédatifs ou d'excès de traitements, mais aussi de vols et d'escroqueries, de procurations abusives ou d'isolement social.

Des signaux d'alerte

Les conséquences de ces maltraitances sont nombreuses, dont « des lésions corporelles, des décès prématurés, la dépression, un déclin cognitif, la ruine financière et un placement dans une maison de retraite », rapporte l'OMS. Ces actes surviendraient tant dans l'environnement familier, à domicile, que dans des établissements, réalisés par des proches ou des professionnels. Les individus en dépendance fonctionnelle, isolés, en perte d'autonomie, en situation de handicap, avec de faibles revenus, avec une déficience cognitive ou ayant du mal à communiquer sont d'autant plus touchés par ces mauvais traitements.
Plusieurs signaux peuvent alerter sur une potentielle maltraitance, comme un changement de comportement, un isolement ou un repli sur soi, des bleus, des escarres ou une odeur désagréable. Une personne qui dit qu'elle est maltraitée, qui « apparaît effrayée [ou] méfiante », ou au contraire « a l'air calme à l'excès », une qui « présente des symptômes de dépression, insomnie, perte d'appétit, perte d'intérêt, pleurs », ou qui « requiert la permission d'un tiers pour répondre à des questions », sont d'autres signes annonciateurs, rapporte la fondation Petits frères des pauvres.

Signaler un mauvais traitement

Si vous êtes victime de maltraitance, vous ou vos proches pouvez vous déplacer au commissariat pour porter plainte ou contacter par téléphone le 3133, la plateforme nationale d'écoute dédiée, qui pourra vous aider sur les démarches à entreprendre. Si vous êtes témoin, il est fondamental de procéder à un signalement auprès des autorités administratives ou judiciaires, à l'agence régionale de santé (ARS) ou au conseil départemental, et aux services de police, de gendarmerie ou au procureur de la République. Ne pas le faire alors que vous étiez au courant est d'ailleurs passible de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende.

M.G
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© iStock / City Presse
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