Apparu en 1983, le VIH continue de causer la mort de 650 000 personnes dans le monde chaque année. Ultra-complexe, il est la bête noire des chercheurs qui se heurtent à plusieurs paramètres, les empêchant de mettre au point un vaccin efficace.
Depuis plus de quarante ans, le VIH, le virus responsable de la maladie du sida, reste un mystère. Si les scientifiques redoublent d'efforts pour trouver le vaccin qui combattra définitivement le virus de l'immunodéficience humaine, pour l'heure, aucun antidote n'existe. Pour se prémunir de l'infection, seule existe la PrEP, un traitement antirétroviral préventif destiné aux personnes non infectées par le VIH. Mais il ne s'agit en aucun cas d'un vaccin ! Si de nombreux essais ont vu le jour pour en élaborer un, tous ont échoué. Pourquoi ce vaccin est-il si difficile à trouver ? Décryptage.
Le principe du vaccin
Avant toute chose, il est essentiel de rappeler le fonctionnement d'un vaccin. Son principe consiste à entraîner le système immunitaire à reconnaître un microbe sans provoquer la maladie. Pour ce faire, on injecte une version inoffensive de cet organisme pathogène. Le corps apprend alors à détecter cet agent et à fabriquer des anticorps ainsi que des cellules mémoires. Dans le cas où la personne contracterait la maladie plus tard, le corps s'en rappellerait donc et serait en capacité de combattre rapidement ce microbe.
Changement permanent
Concernant le VIH, plusieurs facteurs sont à prendre en compte et expliquent pourquoi il est si difficile de trouver un vaccin adéquat. En premier lieu, ce virus évolue très rapidement. Mutant en permanence ou presque, le système immunitaire peine ainsi à le reconnaître. Un vaccin pourrait donc se révéler efficace pour combattre une version mais ne plus fonctionner contre une autre.
L'attaque du système immunitaire
La deuxième particularité du VIH est qu'il s'attaque aux cellules du système immunitaire. Lorsqu'elles sont touchées, puis détruites à cause de l'infection, les défenses de l'organisme tout entier sont fragilisées, et ce dernier devient incapable de lutter contre le virus. De plus, rappelons qu'une personne infectée par le VIH devra se défendre contre plusieurs virus différents même si elle n'est attaquée au départ que par un seul. Cette diversité rend la tâche plus difficile pour trouver un vaccin.
Un virus qui joue à cache-cache
Enfin, la force du VIH réside dans sa capacité à se cacher dans l'organisme. Il peut en effet arriver à se faufiler dans l'ADN et rester latent pendant longtemps. Dans ce cas, il disparaît en grande partie des radars du système immunitaire.
Des pistes qui redonnent de l'espoir
Néanmoins, les scientifiques n'ont pas dit leur dernier mot. En effet, la recherche ne se limite plus aux méthodes classiques qui consistent à injecter une forme affaiblie du virus. De nouvelles technologies, modernes et innovantes, sont utilisées par les chercheurs qui se tournent désormais vers les vaccins à ARN messager (qui ont été utilisés pour la Covid-19). Cette technique consiste à apprendre au corps à fabriquer lui-même de petites parties du virus, appelées protéines, sans devoir l'injecter. Enfin, d'autres essais sont à l'étude et consistent à injecter des virus inoffensifs ou d'autres protéines du VIH pour entraîner le corps à se défendre contre le virus.


