Depuis déjà quelques mois, il est fréquent de tomber sur des rayonnages d'œufs vides dans nos commerces, qu'il s'agisse de supermarchés, de crémeries ou même d'épiceries de quartier. Une pénurie causée en grande partie par la hausse drastique de la consommation d'œufs par les Français, face à laquelle la filière agricole peine à maintenir la cadence, comme le souligne une récente analyse de l'UFC-Que-choisir.
Une demande croissante
L'association constate que la consommation d'œufs a bondi de 25 % en 10 ans dans l'Hexagone : en 2025, un Français moyen en aurait dégusté pas moins de 237, plaçant notre pays parmi les plus grands consommateurs d'Europe. Une augmentation qui pourrait être liée à la période du Covid, durant laquelle bon nombre de ménages ont redécouvert le goût de la cuisine maison. Mais aussi à la crise inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine, qui a poussé les Français à se tourner davantage vers ces protéines bon marché – d'autant plus qu'assez étonnamment au regard de la loi de l'offre et la demande, les prix des œufs sont restés stables malgré les pénuries.
Or, si la demande explose, l'offre met plus de temps à évoluer. Les représentants du Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO) expliquent ainsi qu'à l'échelle du pays, « les éleveurs doivent fournir 300 millions d'œufs en plus chaque année ».
Une filière en pleine mutation
La pénurie pourrait aussi être accentuée par les objectifs de la filière, qui mise sur une production française hors cage à 90 % d'ici 2030, comme l'a relevé le média L'Info durable, ainsi que par des contraintes logistiques et conjoncturelles (blocages, tempêtes de neige, etc.). Pour répondre à l'engouement des consommateurs, l'interprofession table sur la construction de 575 nouveaux bâtiments, soit 10 millions de places de poules d'ici 2035. Elle se veut également rassurante à court terme : « Les tensions vont progressivement disparaître à partir de juin », affirme ainsi Yves-Marie Beaudet, président du CNPO.


