Sécheresses, inondations, mouvements de terrain… alors que les catastrophes naturelles bouleversent de plus en plus le quotidien des Français, les territoires plébiscités hier comme lieux de vie ne seront plus forcément ceux de demain. Et la prise de conscience est déjà enclenchée.
Si la France peut se targuer de posséder une riche variété de régions offrant toutes des paysages magnifiques, une culture locale foisonnante et une gastronomie enviée dans le monde entier, l'Hexagone souffre lui aussi de l'évolution du climat et de l'augmentation des catastrophes naturelles. En tête de liste, les sécheresses, inondations et mouvements de terrain causent chaque année d'immenses dégâts dans de nombreux territoires. Et l'enchaînement généralisé de canicules cet été n'a fait que pointer un peu plus notre vulnérabilité face aux aléas climatiques. De quoi faire réfléchir…
Des projets de déménagement
Déjà en septembre 2025, une enquête menée par Ici et l'institut de sondage Odoxa révélait que 28 % des Français seraient prêts à déménager pour habiter dans une commune moins exposée aux risques climatiques, 12 % allant jusqu'à envisager de changer de région pour privilégier notamment la Bretagne. Dans la même veine, c'est au tour du baromètre 2026 des Déménageurs bretons de pointer l'impact du changement climatique sur les projets de vie.
Ainsi, seuls 17 % des Français ayant déménagé dans les 10 dernières années déclaraient que l'évolution du climat avait influencé leur décision ou leur choix de destination. Mais la dernière saison estivale a eu un effet déclencheur : 26 % des sondés déclarent que la canicule a renforcé leur envie de déménager vers un environnement plus adapté au climat. Ce chiffre grimpe même à 45 % chez les moins de 35 ans ! Face à ces nouveaux impératifs, 54 % des répondants se disent d'ailleurs prêts à faire au moins un compromis (localisation, surface, type de logement…) pour vivre dans un habitat plus adapté aux fortes chaleurs, tandis que 73 % jugent les critères environnementaux importants dans le choix de leur futur logement.
Aucune région épargnée
Partir oui, mais pour aller où ? Au printemps 2026, Météo France a publié des projections climatiques à l'échelle des régions, afin d'appréhender les évolutions locales du futur climat. Alors que le Sud attire bon nombre de Français en quête de soleil, la région PACA subirait une augmentation de la température moyenne annuelle +2,2 °C à l'horizon 2050 et de +3,7 °C en 2100, contre respectivement +2,2 °C et +3,5 °C en Occitanie. Loin d'être épargné, le nord du pays souffrira aussi avec +1,9 °C en 2050 et +3 °C en 2100 dans les Hauts-de-France, contre +2,1 °C et +3,3 °C dans le Grand Est.
En revanche, le mercure serait plus clément en Bretagne et en Normandie avec une augmentation de +1,8 °C en 2050 et +2,9 °C en 2100. Longtemps raillés pour leur climat changeant et pluvieux, ces deux territoires apparaîtraient ainsi comme des destinations moins éprouvées par le changement climatique. Sauf qu'en réalité, les difficultés y seront également grandes puisque ces régions subiront une élévation significative du niveau marin (+26 cm en 2050 et +64 cm en 2100 en Bretagne), des étés plus chauds (davantage de journées à plus de 35 °C) et des hivers plus doux mais aussi plus humides, avec des précipitations élevées et intenses. Sans parler d'un sol granitique qui stocke peu l'eau, présageant de nombreuses sécheresses ou encore d'un bâti ancien conçu pour résister au froid et non à la canicule, à l'instar des ardoises traditionnelles qui absorbent la chaleur… Plutôt que de déménager, il s'agit donc surtout d'adapter les villes et les logements aux réalités climatiques de demain.


