Au poulailler, le composteur porte des plumes - Minizap Grenoble
Jardin

Au poulailler, le composteur porte des plumes

Et si l'un des outils les plus utiles au jardin était le poulailler ? Quoi ? Le poulailler, un outil ? Étant donné qu'il permet de gérer sans se casser la tête la plupart des déchets du jardin, en particulier ceux qui posent le plus de tracas aux maîtres composteurs, on peut se poser la question.

Après avoir été ingurgités, envoyés dans l'œsophage puis mis en trituration dans le jabot. Après être passés par le proventricule succenturié, où ils subissent l'attaque d'acides et d'enzymes avant d'être expulsés vers le gésier dans lequel ils sont broyés, pour être enfin assimilés par les intestins, puis éliminés par le cloaque sous forme de fientes, comment voulez-vous, bonnes gens, que les déchets verts, même les plus récalcitrants, soient encore en mesure de vous causer du tort ?

À la va-comme-je-te-pousse !

La poule est un animal omnivore patenté dont l'appétit vorace (près de 150 kg par an et par poule !) lui permet d'ingurgiter toutes les épluchures et les fanes de la cuisine, mais aussi les restes de plats, y compris carnés. Autant d'éléments fortement azotés qui ont tendance à putréfier et à sentir mauvais lorsqu'on les place dans le composteur sans les mélanger savamment à des matières carbonées, dures et sèches, qui vont structurer et oxygéner le tas. La poule permet donc de composter sans composteur et sans avoir à se soucier du fameux rapport C/N, à savoir l'équilibre entre les proportions de carbone et d'azote au sein du compost.

Rien ne se perd...

Au jardin proprement dit, tout peut y passer également, ou presque : fanes de légumes, adventices fraîchement arrachées, résidus de taille… Les poules picorent et mangent tout ce qui peut l'être et grattent et triturent le reste (bois, feuillages coriaces, pailles…). À ce train, n'importe quel rémanent n'ayant pas été avalé finit, avec le temps et l'aide des micro-organismes décomposeurs, par se transformer en compost. Seule limite à leur voracité : les branches de plus d'un centimètre de diamètre, qui gagnent à être débitées au sécateur. Mais patience, elles finiront bien par se décomposer. Au final, vous obtiendrez un compost, et quel compost ! Tellement enrichi aux fientes de poules qu'il en devient un véritable engrais hautement nutritif.

Reprends si tu l'oses !

La chose devient très intéressante avec les herbes invasives, qui aiment à se multiplier dans le tas de compost au lieu de s'y décomposer : tous ces chiendents, liserons et autres prêles, arrachés dans les massifs et dont on peine se débarrasser sans risque de reprise. Là où le compost classique nécessite une montée en température de 60 °C pour détruire les organes de multiplication végétative, le poulailler règle l'affaire d'un simple coup de bec. Idem pour les plantes montées en graines que le compostage à froid ne parvient pas à détruire et dont les semences ne demandent qu'à germer quand les conditions le permettront.

Enfer et putréfaction !

De l'avis de tous et toutes, la tonte représente à coup sûr le déchet vert le plus compliqué à gérer puisqu'elle encombre massivement le composteur sur une période relativement courte au printemps. Toute chargée d'azote qu'elle est, elle se compacte sitôt mise en tas, puis fermente sous l'effet d'une intense activité bactérienne en dégageant un jus noirâtre et des effluves nauséabonds. Son compostage requiert donc une fine maîtrise du rapport C/N. Au poulailler ? Elle fond comme neige au soleil tant les poules l'ingurgitent avec appétit. Ce qui n'est pas ingéré se mêle à la litière et finit en compost.

Des œufs, et plus si affinités

Bien sûr, en prime, votre nouveau composteur vous fournira des œufs pour vos mouillettes, et pourquoi pas, des pilons pour le barbecue, des os pour le chien, des plumes pour vos oreillers et des pattes pour la soupe.

Benoit Charbonneau
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© Shutterstock / City Presse
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