Jardin

Fleurir le potager en été, c'est beau, c'est bon et c'est utile

Pour que le potager soit un lieu de pleine production vivrière, il faut qu'il soit bien fleuri. Non seulement afin d'y attirer les insectes butineurs qui vont se charger de transformer vos fleurs en légumes, mais aussi pour y favoriser la biodiversité en général. Enfin, et ce n'est pas le moindre des desseins, de manière à l'embellir et y introduire, pourquoi pas, quelques fleurs comestibles.

Jardin potager cherche insectes auxiliaires pour polliniser ses fleurs et réguler ses ravageurs. Gîte et couvert garantis. Envoyer lettre de motivation et C.V. à la rédaction qui fera suivre.

Facultatif mais bénéfique

S'il peut sembler accessoire d'installer des fleurs dans ou autour du potager, c'est en réalité une nécessité sous-estimée. En effet, la présence de fleurs mellifères et nectarifères attire les insectes butineurs. Or par définition, ils assurent la fécondation des fleurs entomophiles à pollinisation croisée. Il est vrai que la plupart des légumes du potager sont autogames, c'est-à-dire qu'ils s'autofécondent grâce à la proximité des organes sexuels mâles et femelles de leurs fleurs hermaphrodites. Mais ce n'est pas le cas des cucurbitacées qui sont des plantes monoïques, portant à distance, sur le même pied, fleurs mâles et femelles. Il faut bien qu'un insecte se charge d'apporter le pollen de l'une sur le pistil de l'autre.

Des nuisibles au menu

Outre leur rôle de pollinisateur, les insectes jouent aussi celui de régulateur des équilibres naturels. En effet, bon nombre d'entre eux, à l'état adulte ou larvaire, constituent de redoutables prédateurs des insectes nuisibles tels que les pucerons, les chenilles, les altises, les larves de mouches, et pour les plus costauds d'entre eux, certains gastéropodes. Ainsi, les coccinelles, syrphes, carabes, chrysopes, pemphrédons, guêpes et autres aphidius, s'ils ne sont pas tous des butineurs, apprécieront un environnement ensauvagé par la présence de quelques fleurs.

La fine fleur des floraisons estivales

Heureusement, les plantes mellifères à floraison estivale ne manquent pas. À commencer par les fleurs annuelles comme les zinnias, les tournesols, les soucis, les cosmos ou les tagètes dont la longue floraison a l'avantage de se prolonger jusqu'à l'automne. On peut les installer au sein même des planches de culture. Mais à moins de les laisser se ressemer librement, il faut prévoir d'en replanter chaque année. Les prolifiques vivaces que sont les gauras, l'érigeron, les géraniums vivaces, les echinacées, la verveine de Buenos Aires ou certaines achillées présentent l'intérêt de rester en place d'une année sur l'autre. Leur pérennité incite à les placer plutôt à la périphérie du potager. Même chose pour certains arbustes plus encombrants, comme les sauges arbustives, la lavande, le perovskia, et bien sûr, le buddleia, dont le surnom d'arbre à papillons n'est pas usurpé.

Décoratives et comestibles

Plus fort encore, il est possible de concilier le beau et le bon, à condition d'avoir savamment planifié les semis en amont. En effet, il existe certaines fleurs d'été dont les pétales sont comestibles. Ainsi, les fleurs de capucine naine ou grimpante ont-elles le goût poivré du radis ; celles du bleuet, celui de l'artichaut ; et celles de la bourrache, du concombre. De nombreuses autres fleurs, sans saveur marquée, restent comestibles et utilisables pour décorer les assiettes, comme le zinnia, le cosmos sulfureux, le souci officinal, l'œillet d'Inde, la lavatère annuelle ou la mauve de Mauritanie.

Inattendue hémérocalle

Les boutons de fleur d'hémérocalle, juste avant qu'ils ne s'épanouissent, forment des tubulures croquantes à consommer telles quelles, en salade ou confites dans du vinaigre. Leur goût est étonnant. Bien entendu, en consommant les bourgeons, on se prive des fleurs… Cruel dilemme !

Benoit Charbonneau
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