L'érable du Japon, un arbre délicat qui redoute les étés - Minizap Grenoble
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L'érable du Japon, un arbre délicat qui redoute les étés

Les étés qui surchauffent ne plaisent guère à l'érable du Japon qui n'est pas un enfant du soleil, bien au contraire. Adepte de sols frais, d'ombre diffuse et d'humidité ambiante, c'est peu dire qu'il est à la peine lorsque les grosses chaleurs arrivent. C'est pourquoi, en cas de canicule, il ne faut pas hésiter à déclencher, rien que pour lui, le plan « hors sec ».

Dans son Japon natal, l'érable du Japon, qu'il soit Acer palmatum, japonicum ou shirasawanum, pousse en sous-bois, à la mi-ombre, protégé par la canopée des grands arbres. Le sol y est humifère, frais et drainant. Les étés y sont certes chauds, mais très humides, avec une hygrométrie que le pire de nos étés pourris ne saurait égaler. La lumière du soleil, douce et filtrée, ne l'agresse pas. Le vent, amorti par la végétation environnante, ne le dessèche pas. Ainsi la plante a-t-elle développé au fil des millénaires des caractéristiques physiologiques qui siéent mal aux canicules.

Le martyre de l'élégance

Les feuilles des érables du Japon, et c'est ce qui fait une partie de leur raffinement, ont un limbe exceptionnellement fin. Dépourvues de cuticules cireuses, elles perdent leur eau à une vitesse fulgurante dès que la température grimpe et que l'air se dessèche. Les bords brunissent, se recroquevillent, et les feuilles se dessèchent à vue d'œil.

Des nains aux pieds d'argile

Ces petits érables développent en outre un système racinaire fin et très superficiel. Celui-ci est adapté aux sols forestiers japonais, qui restent constamment humides en surface et qui s'avèrent très occupés en profondeur par la rhizosphère des grands arbres. Mais en période de canicule, c'est une zone où il ne fait pas bon vivre, car la terre s'y dessèche plus rapidement. La plante est alors prise en étau entre une évapotranspiration maximale en haut et une capacité d'absorption minimale en bas, une bien inconfortable situation.

Le pot : la double peine

Lorsqu'il est cultivé en pot, ce qui est fréquent car sa silhouette gracieuse s'y prête à merveille, l'érable cumule les handicaps. Hors du sol, le substrat se réchauffe très vite, jusqu'à atteindre des températures préjudiciables aux racines. D'autant que la terre de bruyère, dans laquelle il aime pousser, est connue pour s'assécher rapidement. Si bien qu'un érable en pot, mal exposé ou mal arrosé, peut basculer de l'apparente bonne santé à l'agonie en moins de quarante-huit heures chrono lors d'un pic de chaleur.

Les gestes qui sauvent

Durant l'été, pour sauver les érables de la dessiccation pure et simple, il n'y a pas trente-six solutions. Protégez-les des vents dominants desséchants, placez-les éventuellement au soleil le matin, mais de manière qu'ils se retrouvent à l'ombre ou la mi-ombre durant l'après-midi. Un épais paillage, organique ou minéral, d'au moins cinq centimètres, posé autour du pied jusqu'à l'aplomb de la frondaison, aide à conserver la fraîcheur et l'humidité de surface. L'arrosage est impérativement quotidien, voire biquotidien lors des pics, de préférence à l'eau de pluie afin d'éviter les apports de calcaire. À la fin des très chaudes journées, une petite brumisation du feuillage aide la plante à se réhydrater et à faire baisser sa température. En pot, l'emplacement doit être repensé dès les premières chaleurs : à l'ombre toute ! Et, pourquoi pas, dans un pot isolé thermiquement en le doublant dans un contenant plus grand garni de paille.

Pas d'arrosage en dents de scie !

Attention, l'irrégularité des arrosages est très dommageable pour les frêles racines de l'érable du Japon. Un substrat qui s'assèche complètement entre deux arrosages abondants induit des stress hydriques violents qui peuvent causer des nécroses racinaires.

Benoit Charbonneau
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© iStock / City Presse
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