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Le concombre arménien, un melon qui ne dit pas son nom

Peu connu et peu répandu, le concombre arménien a pourtant de beaux jours devant lui. En effet, il adore la chaleur et à l'inverse de ses congénères, il ne prend jamais d'amertume lorsque l'arrosage fait défaut. Mais de quels congénères parle-t-on puisque ce concombre est en réalité un melon ?

Prenez un concombre arménien, observez-le, épluchez-le et goûtez-le. De quel type de légume s'agit-il selon vous ? D'un concombre, évidemment. Mais à regarder de plus près son nom botanique, incontestablement, vous conclurez qu'il s'agit d'un melon. Incroyable ! Comme quoi, ainsi que le disent les Grecs, la soutane ne fait pas le pope.

Bas les masques !

Malgré les apparences, le concombre d'Arménie est, comme son nom scientifique l'atteste (Cucumis melo var. flexuosus), une variété de melon, comme ceux de Charente ou de Cavaillon (Cucumis melo var. cantalupensis). Notre Arménien a pourtant tout du concombre : le goût, la couleur et la silhouette, même si cette dernière a tendance à se courber. Cependant, il s'en distingue par sa couleur vert clair, ses deux extrémités pointues et son diamètre relativement petit au regard de sa taille impressionnante, de près d'un mètre à maturité.

Vive la jeunesse !

Si ce melon a le goût du concombre, c'est qu'on le cueille bien avant sa maturité complète. En effet, c'est lorsqu'il atteint une quarantaine de centimètres qu'il est le meilleur : frais, croquant et juteux. Sa chair immature, légèrement translucide, gorgée d'eau et son goût sont bluffants de ressemblance. En revanche, lorsqu'on le laisse arriver à maturité et atteindre sa taille définitive, sa chair se colore, s'opacifie et se rapproche de celle du melon, quoiqu'elle soit plus insipide.

Un investissement sur l'avenir

Si le concombre arménien a l'avenir devant lui, c'est qu'il s'agit d'une plante thermophile, qui se complaît dans la chaleur et qui risque avec le réchauffement climatique de faire son trou dans nos jardins. Même s'il a besoin d'un arrosage suivi, il souffre peu de la canicule, qui l'aide au contraire à bien fructifier. À l'inverse des concombres classiques, sa chair ne prend pas d'amertume lorsque les arrosages manquent, ni même d'ailleurs lorsqu'on tarde à le récolter.

Même goût, même culture

Melons et concombres sont des cucurbitacées qui ont les mêmes besoins de culture. Il faut donc cultiver le concombre d'Arménie comme un concombre traditionnel. On le sème sous abri vers la mi-avril trois à quatre semaines avant le repiquage du mois de mai. Celui-ci a lieu à exposition ensoleillée, dans un sol riche et humifère. Il faut ensuite assurer un arrosage régulier, en prenant garde de ne pas mouiller le feuillage afin de ne pas favoriser l'apparition de l'oïdium.

Verticalité bénéfique

Le concombre arménien est une plante coureuse, très vigoureuse, qui peut couvrir deux à trois mètres carrés de surface. Il se comporte comme une liane, c'est-à-dire qu'au sol, il rampe et que sur un treillage, il grimpe. La culture sur un support vertical lui est favorable car elle tient le feuillage à l'écart de l'humidité résiduelle du sol. D'autre part, elle offre un gain de place dans le potager et permet en outre de faire de l'ombrage à des plantes plus fragiles. Enfin les fruits, loi de l'apesanteur oblige, poussent droit vers le sol, sans se recourber.

Benoit Charbonneau
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