Jardin

Pas de broyeur, pas de paillis ? Bien sûr que non !

La valorisation des déchets verts dans le jardin passe le plus souvent par le recours au broyeur. Mais on peut aussi les recycler sans cette machine certes pratique, mais bruyante, polluante et onéreuse. Valoriser sans broyer, c'est possible !

Soyons clairs, le broyeur n'a pas que des amis dans le monde du jardinage durable. Les permaculteurs purs et durs, les cultivateurs survivalistes ou les adeptes du jardin sans pétrole ne portent pas dans leur cœur cet engin vociférant. D'autant qu'il fonctionne aux énergies fossiles ou nucléaires et qu'il participe, à son petit niveau, à l'émission de gaz à effet de serre. Quant aux jardiniers au budget modeste, ils lui reprochent son prix, trop élevé. Tous ces gens, qui n'ont pas entièrement tort, ont appris à s'en passer, sans pour autant cesser de valoriser leurs déchets verts.

Pourquoi broyer ?

On utilise le broyeur pour réduire le gabarit et donc le volume des rémanents de taille, ce qui facilite leur manipulation et leur épandage. D'autre part, le déchiquetage qui met à nu les tissus végétaux facilite leur décomposition et leur digestion par la pédofaune (vers, champignons, bactéries, insectes…), dont l'activité structure le sol et nourrit les plantes. C'est pourquoi la valorisation des déchets verts à l'intérieur même du jardin peut sembler invariablement corrélée à l'utilisation d'un broyeur.

Une gestion différente de la taille

On peut cependant se passer du broyeur quand les déchets obtenus restent de petite taille et qu'ils sont encore souples, tendres et donc facilement décomposables. C'est le cas des jeunes pousses d'arbustes que l'on obtient en effectuant des tailles régulières (deux à trois fois par an). On récupère alors un paillis peu encombrant, que l'on peut recycler directement au pied des plantes. Les mauvaises langues argueront que cela double ou triple le travail, mais les esprits mieux tournés feront remarquer que les travaux (taille, ramassage, manutentions…) sont facilités et beaucoup plus rapides.

Le BRF et ses dérivés

On peut se passer de broyeur et bénéficier malgré tout des bienfaits du fameux BRF (bois raméal fragmenté, l'autre nom du broyat) que l'on utilise en paillage. Parmi eux, le BREF, ou bois raméal entassé foulé, qui consiste à positionner sur le sol des branchages fins (1 cm de diamètre maximum), que l'on piétine directement sur le lieu de culture, dans le but d'en briser les tissus et de faciliter leur décomposition. De même, le BREFT, ou bois raméal en fins tronçons, que l'on obtient en coupant le même type de déchets (2 cm max) en petits tronçons de 10 cm. Ce travail qui peut paraître fastidieux est relativement rapide lorsqu'on réunit les branches et qu'on les scie par fagots entiers.

L'art du pré-compostage

Les branches peuvent aussi être immergées dans l'eau pendant vingt heures afin de s'imbiber. On les met ensuite en tas que l'on piétine afin d'en réduire le volume. En les laissant reposer ainsi durant quatre à cinq semaines, elles vont commencer à se décomposer rapidement. Libre à chacun ensuite de les laisser finir leur décomposition jusqu'à l'obtention de compost ou bien de les utiliser en paillis pré-composté.

Le paillis grossier

Dans le potager qui n'a pas besoin d'être esthétique, n'hésitez pas à pailler avec des éléments grossiers que vous étalerez directement sur le sol. Tous les rémanents (feuilles, tiges…) peuvent être simplement laissés sur le sol. Il en va de même pour les tiges et les feuilles fanées du jardin d'ornement (lavandes, gauras, agapanthes…). Les restes des tailles de rosiers et d'arbustes, plus rigides, doivent être coupés en plusieurs morceaux avec un sécateur.

Tels quels !

Bien sûr, les feuilles mortes, aiguilles de pin, tontes de pelouse, herbes fauchées peuvent être utilisées en paillis sans recourir au broyeur.

Benoit Charbonneau
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