Pendant des décennies, la guerre aux limaces se résumait à épandre une poignée de granulés bleus à la tombée de la nuit. Aujourd'hui, rien à voir : il suffit d'épandre une poignée de granulés bleus à la tombée de la nuit…
Historiquement, les granulés anti-limaces contenaient du métaldéhyde, un produit de synthèse qui agissait par déshydratation foudroyante : la limace sécrétait un mucus abondant jusqu'à l'épuisement total, et la mort. Hélas, ces petits granulés bleus étaient également toxiques pour la faune, en premier lieu les hérissons, les chiens et les chats, et passablement désastreux pour les cours d'eau. Heureusement, depuis 2019, la substance est interdite aux jardiniers amateurs.
Changement de substance
Désormais, place au Ferramol à base de phosphate de fer, un composé présent naturellement dans les sols, homologué en agriculture biologique. Son mode d'action est d'une élégance redoutable : ingéré par la limace, il bloque son appétit et son système de mastication. L'animal se retire dans le sol, où il meurt discrètement de faim.
Il ne chante pas sous la pluie
Ces granulés, d'un bleu toujours aussi intense, s'épandent au milieu des cultures, à hauteur de 5 g/m², à renouveler après de fortes pluies. Car c'est là leur moindre défaut : l'eau de pluie les dégrade rapidement, juste au moment où les limaces sont les plus actives. C'est pourquoi il est préférable de déposer les granulés à l'abri des intempéries, par exemple au fond d'un bocal en verre couché sur le sol.
Naturel, mais pas sans danger
D'autant que si certains emballages affichent « sans danger pour les animaux », le phosphate de fer peut provoquer des salivations, des vomissements et des diarrhées pouvant virer à l'hépatite en cas de forte ingestion. Mieux vaut les mettre hors d'atteinte ! Enfin, le bocal limite les risques de lessivage dans le sol, car tout excès de minéraux, aussi naturel soit-il, n'est pas sans effet lorsqu'il se dissémine dans le sol. À réserver aux cas d'infestation, en frappes chirurgicales.


