En France, entre 0,5 % et 1 % des adultes (0,93 % pour les enfants) souffrent d'allergie aux arachides. La moindre trace de cacahuètes peut ainsi provoquer un gonflement du visage, de l'urticaire, des troubles digestifs importants, voire, plus grave, un choc anaphylactique. Pour l'instant, il n'existe pas de traitement curatif ; la prise en charge consiste seulement à prescrire de la cortisone, des antihistaminiques et un stylo d'adrénaline injecteur. Néanmoins, des travaux récents – quelque peu insolites – redonnent un peu d'espoir sur un éventuel futur traitement…
Le microbiote intestinal en cause ?
Publiée à la fin de l'été dans la revue Science Translational Medicine, cette étude est partie du postulat que les allergies alimentaires seraient liées à la composition du microbiote intestinal et que nos bactéries intestinales pourraient influencer la manière dont notre organisme tolère certains aliments.
Ainsi une quinzaine de cobayes, âgés de 21 ans en moyenne, ont ingéré toute une journée pas moins de 36 gélules contenant de la matière fécale d'un donneur sain (non allergique). Le but était de voir si cette transplantation de microbiote fécal pouvait améliorer la tolérance aux arachides. Résultat, 4 mois après l'essai, sur tous les participants, 6 ont pu tolérer d'infimes quantités de cacahuètes sans réaction allergique : de la petite graine d'arachide à quatre cacahuètes. Les effets secondaires signalés – diarrhées ou douleurs abdominales – sont restés légers.
Néanmoins, les résultats de ces recherches sont encore marginaux. Un nouvel essai clinique, effectué sur un groupe d'adolescents cette fois, va être mené en alternant gélules de matières fécales mais aussi placebo.




