Cultiver les fritillaires, c'est une affaire de groupe - Minizap Grésivaudan
Jardin

Cultiver les fritillaires, c'est une affaire de groupe

Si cet automne vous plantez des bulbes de fritillaires, prenez bien soin d'en connaître l'espèce. Car dans cette grande famille de plantes à clochettes, les besoins sont différents, voire opposés. Ainsi en est-il par exemple des deux espèces les plus communément cultivées en France : l'impériale et la pintade.

La taxinomie, chez les fritillaires, n'est pas bien compliquée. Si elle porte une majestueuse inflorescence en forme de couronne, on l'appellera impériale (Fritillaria imperialis). Si elle est colorée en damier bicolore comme le plumage d'une volaille africaine, on la nommera pintade (F. meleagris). Mais pour la fritillaire « raisin de renard » ( F. uva-vulpis), là on n'a toujours pas bien compris...

La fée clochette

Les fritillaires (Fritillaria) composent une cohorte d'une centaine d'espèces dont une quinzaine seulement est cultivée dans nos jardins. Ce sont des plantes à bulbes de la famille des liliacées à la floraison printanière remarquable, dont les fleurs forment de grosses clochettes retombantes colorées, groupées ou solitaires. Leur taille, leur coloris et la disposition de leurs imposantes clochettes varient d'une espèce à l'autre, offrant au jardinier une large palette graphique. Après la fanaison, c'est-à-dire durant l'été, les fritillaires entrent en un repos végétatif profond avant de renaître au printemps suivant.

Tous azimuts

Les fritillaires sont essentiellement originaires de l'hémisphère nord, mais leur aire de répartition naturelle est si vaste que chaque espèce est confrontée à des conditions de culture très différentes. Du sud-ouest asiatique au pourtour méditerranéen, de l'Amérique du Nord aux prairies d'Europe occidentale, les différentes espèces ont développé des sensibilités très variables vis-à-vis de l'ensoleillement, de l'humidité ou de la nature du sol. C'est d'ailleurs tellement un casse-tête pour les jardiniers que les horticulteurs ont finalement classé les fritillaires en quatre groupes informels mais distincts, selon leurs besoins de culture et leurs fragilités.

Les pieds au sec

La plus grande de la famille, et sans aucun doute la plus connue, c'est la fritillaire impériale (Fritillaria imperialis) qui se décline en de nombreux cultivars. Perchées sur une haute hampe, parfois à plus d'un mètre cinquante de hauteur, ses clochettes colorées disposées en couronnes sont rehaussées d'un toupet de petites bractées caractéristiques. Cette fritillaire est magnifique et majestueuse, et c'est sans doute pour cela qu'elle incarne, à tort, la famille tout entière. Originaire de Turquie, elle fait partie du groupe 1, résistante au froid et tolérante face à la sécheresse qu'elle supporte en été au repos, bien à l'abri dans le sol, tout comme sa cousine de Perse (Fritillaria persica) ou celle à fleurs pâles (Fritillaria pallidiflora). Toutes se plaisent en plein soleil dans un sol fertile mais très bien drainé.

Les pieds dans l'eau

La fritillaire pintade (Fritillaire méléagris), plus discrète par sa taille (30 cm), ne l'est pas par sa floraison. Si ses clochettes se présentent sagement étagées par deux ou trois le long de la tige, leurs motifs en damier blanc et lie-de-vin ne passe pas inaperçu. C'est une espèce originaire des prairies humides que l'on trouve à l'état naturel en France. Elle fait partie du troisième groupe, celui des fritillaires qui exigent un sol fertile, frais, humifère et rétenteur d'eau durant l'été. Sa culture en plein soleil ou à la mi-ombre est facile tant qu'elle est bien arrosée, à l'image de nombreuses plantes vivaces de climat tempéré.

Et les autres ?

Plus rares, les fritillaires des groupes 1 et 2 sont des plantes de terrain sec qui craignent l'humidité stagnante, appréciant les rocailles et les talus au sol pauvre, sec et vraiment très bien drainé.

Benoit Charbonneau
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