Durant l'été, les fraisiers se propagent en projetant des embryons de plants tout autour d'eux. C'est une technique très efficace de reproduction par marcottage que vous gagnerez à faciliter par un petit coup de pouce maison afin de renouveler régulièrement votre fraiseraie : le marcottage assisté.
Petites annonces : Fraiseraie recherche sage-femme (ou sage-homme) pour faciliter l'accouchement d'une vingtaine de pied-mères arrivant à terme dans le courant du mois d'août. Expérience en gynécologie non exigée car il s'agit d'un poste d'accompagnant, les mamans ayant l'habitude de se délivrer toutes seules. Néanmoins, pour le confort des patientes, avoir la main verte serait un plus qui permettrait d'éviter tout risque de violences obstétriques. Contacter le journal qui fera suivre.
Un cordon ombilical végétal
Naturellement, le fraisier est une plante qui se reproduit par marcottage. Depuis sa base, il émet des stolons, c'est-à-dire de longues tiges aériennes au bout desquelles apparaît un petit fraisier miniature, dépourvu de racines. Livré à lui-même, il finit généralement, vaille que vaille, par s'enraciner au contact du sol, et le stolon par se détacher. Mais sur les sols généreusement paillés, à la périphérie de la zone de culture, sur le gravier des allées, sur le bois des caillebotis ou au cœur des épais feuillages, c'est une autre paire de manches.
Émouvante mise au monde
C'est là qu'intervient le marcottage assisté : plutôt que de laisser l'embryon trouver seul son chemin de Damas jusqu'à la terre promise, faites-le atterrir dans un godet rempli de terreau, où il sera éventuellement maintenu en place par un cavalier en fil de fer. Le pied-mère va continuer d'alimenter le futur plant, qui s'enracinera en quelques semaines dans un substrat idéal, bien arrosé, sans stress et sans aléa. Après environ un mois, une fois les racines bien établies, ce que vous pourrez vérifier en tirant légèrement sur la rosette, vous couperez, tel un père ému, le stolon ombilical. Le jeune plant sera alors sevré, autonome, prêt à être repiqué en pleine terre.
Les règles d'or de l'assistance
Mais comme dans toutes les salles d'accouchement, quelques règles s'imposent. Lorsqu'ils sont doubles, ne retenez que le premier stolon sur la tige, le plus proche du pied-mère car c'est le plus vigoureux et le mieux alimenté. Ne prélevez que sur les pieds les plus productifs et les plus beaux car la multiplication végétative, fidèle, reproduit les qualités comme les défauts. Enfin, limitez-vous à un marcottage par pied, car l'alimentation d'un stolon en cours d'enracinement est très énergivore. C'est pourquoi, sur les variétés remontantes, à savoir celles qui produiront une deuxième fournée de fraises en automne, il faut choisir : c'est soit les stolons, soit les futurs fruits, qui n'ont au mois d'août que l'apparence d'un bouton de fleur.
La fraise sur le gâteau
En septembre, les jeunes plants sevrés sont mis en place dans une planche bien travaillée, enrichie en compost, espacés les uns des autres de trente centimètres en tous sens. Ils passeront l'hiver à s'enraciner tranquillement et produiront leurs premières fraises dès le printemps suivant. Pour les remontants, si l'automne est clément, quelques fruits pourraient même pointer avant les gelées.


