Au début de l'automne, il est intéressant d'épandre quelques engrais ou amendements afin de favoriser la vigueur de ses plantes à long terme. Mais attention, en cette période où l'activité végétale ralentit, il ne faut leur donner que ce dont elles ont besoin et ce qu'elles sont capables d'assimiler.
L'automne a ceci de trompeur qu'il ressemble à l'antichambre du sommeil. Les feuilles préparent leur chute en se parant de mille feux et la sève en circulation retourne enfin à sa source, c'est-à-dire dans les racines. Ce n'est pas pour autant que les plantes sont déjà au repos végétatif et qu'elles le resteront complètement. Après la chute des feuilles, et tant que le sol sera un tant soit peu réchauffé, l'activité racinaire reste de mise, mais pas pour ingurgiter de la malbouffe !
Un menu à la carte
Si les plantes font bombance de tout un tas d'éléments nutritifs minéraux, trois sont particulièrement importants : l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). À l'automne, la croissance est mise entre parenthèses à partir du moment où les températures et la luminosité baissent significativement. Il n'est donc pas du tout opportun d'envoyer aux plantes des engrais riches en azote car ceux-ci favorisent le développement et l'émission de nouvelles pousses qui, faute d'avoir le temps de se lignifier, n'auraient aucune chance de survivre au gel.
P oui, K oui, N non
Ce que la plante réclame à cette période n'est pas de grandir, mais de se renforcer avant l'hiver. Le phosphore muscle la formation des racines, quand le potassium épaissit les parois cellulaires et améliore la résistance générale des tissus, au gel comme aux maladies. Tout se joue sous terre, où la plante transforme ces minéraux en réserves stratégiques. Phosphate naturel, patentkali, sulfate de potasse, cendres de bois (avec modération) : voilà les ingrédients d'un engrais d'automne digne de ce nom. Veillez à ce que tous les autres engrais spécialisés (agrumes, rosiers…) que vous comptez utiliser indiquent bien que le premier chiffre du NPK, mentionné sur les étiquettes des emballages, celui de l'azote, reste le plus modeste des trois.
Le temps fait tout à l'affaire
Cela dit, à l'automne, il est possible d'utiliser des engrais complets, y compris azotés, à condition qu'ils impliquent une libération lente. Ceci veut dire qu'après l'épandage, c'est l'activité biologique du sol qui va lentement mettre les minéraux à disposition des racines. Ainsi, la corne broyée, qui contient uniquement de l'azote (13 %, c'est énorme), ne sera libérée qu'au cours de plusieurs mois et rendue disponible au printemps. Les engrais à libération rapide, notamment les chimiques, mais aussi le sang séché, le purin d'ortie, le guano, l'urine diluée, le jus de compost, très prompts à libérer leur azote, sont à proscrire en automne.
Les deux coureurs de fond
Le compost et le fumier sont des amendements, plus ou moins riches en azote selon leur maturation, mais qui peuvent être épandus sans scrupule au pied des plantes car ils jouent avant tout un rôle d'amélioration du sol. On peut donc, et on doit, en épandre à l'automne et au printemps, pour une action bénéfique permanente, dans la limite de cinq centimètres d'épaisseur à la surface du sol avant l'incorporation par griffage.


