IRIS², l'Europe construit enfin son propre Starlink - Minizap Vallée de l'Arve
Multimédia

IRIS², l'Europe construit enfin son propre Starlink

Avec IRIS², l'Union européenne veut disposer de communications qui ne dépendent ni d'un câble sous-marin ni d'un acteur étranger. Sa constellation de 348 satellites ciblera d'abord les services publics, la défense et les secours avant des usages commerciaux.

Un événement climatique qui rend hors service les antennes terrestres, un navire hostile qui coupe les grands câbles du web, une administration doit échanger des données sensibles sans passer par le réseau d'un groupe privé américain… les scénarios qui mettent à mal la souveraineté numérique de l'Europe ne manquent pas. IRIS² doit combler ce vide. Derrière ce nom, pour « Infrastructure de résilience, d'interconnexion et de sécurité par satellite », se trouve une constellation financée par l'Union européenne et des opérateurs privés. Le projet a quitté les présentations PowerPoint : l'Agence spatiale européenne confirme une architecture de 348 satellites, dont les premiers doivent rejoindre l'espace à la fin de la décennie.

Deux orbites complémentaires

Le système mêlera 330 satellites en orbite basse et 18 en orbite moyenne. Les premiers, plus proches du sol, réduisent le temps mis par un signal pour effectuer l'aller-retour ; c'est le principe qui rend Starlink assez réactif pour une visioconférence. Les seconds voient une portion plus large du globe et assurent une couverture continue avec moins d'appareils. Cette combinaison distingue IRIS² des mégaconstellations composées de milliers d'engins semblables. L'Europe vient d'ajouter au dessin initial 66 satellites placés dans la partie haute de l'orbite basse. D'après l'ESA, ce renfort augmentera de 60 % la capacité réservée aux communications gouvernementales dans l'Union, et de 54 % leur portée mondiale.

Priorité aux missions critiques

IRIS² ne sera pas, au départ, une simple box Internet tournée vers le ciel. Ses premiers clients seront les armées, la police, les pompiers, les gardes-frontières et les administrations autorisées des 27 pays membres, ainsi que de la Norvège et de l'Islande. La constellation doit maintenir des liaisons chiffrées quand une catastrophe naturelle, un sabotage ou une cyberattaque rend les réseaux au sol indisponibles. Elle pourra aussi relier des infrastructures isolées, piloter des drones ou surveiller des zones maritimes. Des services commerciaux sont prévus ensuite pour les entreprises et les régions mal couvertes. La promesse touche ainsi autant à la sécurité qu'à l'aménagement du territoire, mais les débits et les tarifs destinés au public restent inconnus.

Une industrie à coordonner

La Commission conserve la direction politique, l'ESA supervise la conception et la validation technique, tandis que l'agence EUSPA prépare les services et leur accréditation de sécurité. La construction et l'exploitation reviennent au consortium SpaceRISE, formé par Eutelsat, SES et Hispasat. Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space, OHB et Aerospacelab figurent aussi dans la chaîne industrielle. Ce partage doit faire travailler les compétences européennes, mais il ajoute des interfaces et des calendriers à synchroniser. Il faut encore figer le dessin détaillé, fabriquer les satellites, construire les stations au sol et réserver les fusées. Le contrat de concession court sur 12 ans ; les premiers services sont annoncés pour la fin de la décennie, avant une configuration complète environ un an plus tard.

L'autonomie a un prix

Le budget public et privé doit encore absorber l'ajout des 66 satellites et l'accélération du calendrier. La Commission prévoit de mobiliser des crédits européens du prochain cycle budgétaire, complétés par les États participants : la Pologne a promis 656 millions d'euros, la Hongrie 500 millions et l'Espagne entre 1,6 et 2 milliards. Le programme restera minuscule face aux plus de 10 000 satellites actifs de Starlink, mais il ne poursuit pas le même but. IRIS² doit garantir un service choisi et gouverné en Europe, y compris lorsqu'une crise rend une liaison politiquement sensible.

City Presse
Photos liées à l'article
© CC0
Multimédia

The Blood of Dawnwalker, vampire le soir, humain le jour

Une peste ravage l'Europe du XIVe siècle, et les vampires profitent du chaos pour prendre le pouvoir. The Blood of Dawnwalker place son héros Coen dans cet étau : humain le jour, prédateur la nuit, le joueur dispose de 30 jours et...
Lire la suite
The Blood of Dawnwalker, vampire le soir, humain le jour
Multimédia

Insta360 X6, la caméra qui filme partout à la fois

L'Insta360 X6 enregistre tout ce qui l'entoure en 8K, puis laisse choisir l'angle après la prise de vues. Ses grands capteurs, ses objectifs remplaçables et ses outils de montage automatique veulent rendre la vidéo à 360° moins in...
Lire la suite
Insta360 X6, la caméra qui filme partout à la fois
Multimédia

Resonance, A Plague Tale se réinvente sous le soleil grec

Après avoir fait pleurer la France entière avec Amicia et Hugo, le studio bordelais Asobo change d'héroïne et d'horizon. Resonance : A Plague Tale Legacy remonte quinze ans avant Requiem pour raconter la jeunesse de Sophia, la pil...
Lire la suite
Resonance, A Plague Tale se réinvente sous le soleil grec